mardi 21 février 2017

Cueillir des plantes sauvages... Mode d'emploi! 3/3

Retrouvez le premier volet de cet article, quel intérêt à faire de la cueillette

Comment réaliser de bonnes cueillettes?



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Cueillette printanière...



Matériel indispensable! ?


Pas besoin d'un lourd équipement pour faire de la cueillette! 
Un panier, des sacs en papier ou en tissu, des ciseaux ou un couteau suffisent. Il peut être intéressant de prendre également des sacs en plastique pour disposer les sacs en papier et en tissu, cela optimise la conservation et évite un flétrissement trop rapide. Pour les petites plantes ou les fleurs délicates, vous pouvez prendre de petites boites avec couvercle
Et pour les personnes sensibles, une paire de gants assez épais. En effet il semblerait que des gants trop fins laissent passer les substances irritantes de l'ortie par exemple.
Il m'est déjà arrivé de partir en balade sans contenants, et une fois, suivant un sentier boisé au printemps, j'ai senti une  odeur bien caractéristique d'ail... les connaisseurs auront tout de suite compris, je passais à côté d'une station d'ail des ours en boutons. Ni une ni deux, j'ai enlevé mon bonnet et rempli le bonnet des boutons floraux (avec lesquels j'ai fait des conserves de boutons floraux au vinaigre...). Seul inconvénient, le bonnet a senti l'ail les semaines suivantes!
L'expérience fait que j'ai toujours dans mon sac un sécateur, des gants et quelques sacs papier et plastique. Tout simplement indispensables car on ne sait jamais ce que l'on peut trouver...


Quand cueillir?

 

 Il n'y a pas de règles absolues pour faire de la cueillette, tout dépend de la saison, des conditions climatiques, de la région où on se trouve, des plantes disponibles.
Généralement, on évite de faire de la cueillette en plein soleil d'été pour les fleurs et les feuilles, on préfèrera le matin à la fraiche. Toutefois, pour la cueillette des fleurs, il faut éviter la cueillette lorsqu'il y a trop de rosée
Il est tout a fait possible de cueillir lorsqu'il pleut, l'ortie est d'ailleurs moins urticante! Par contre, cueillir des fleurs pleine d'eau n'est bien sûr pas idéal. 
De l'écoute, du bon sens et l'expérience vous guideront au fil du temps!
 

Je suis sûr-e des plantes cueillies


Comme abordé dans l'article précédent, pour éviter les intoxications, le plus simple est de commencer par cueillir des plantes connues. N'hésitez pas à demander l'avis d'un professionnel en cas de doute. 
Lorsque l'on débute dans la cueillette, je conseille souvent de bien séparer les plantes différentes dans des sachets distincts, surtout si on est plusieurs. Au retour à la maison, il est plus simple de vérifier qu'il n'y a pas eu de confusions
Ne jouez pas aux apprentis sorciers, mieux vaut multiplier les bonnes expériences en toute simplicité plutôt que de se rendre malade et se dégouter de ces joies simples...
 

Je cueille un peu... beaucoup?... Passionnément sûrement!


Cela peut paraître évident, mais nous ne sommes pas seuls à consommer des plantes, la modération est donc de mise. 
Que ce soit pour la régénération de la plante elle-même, ou pour éviter l'envahissement des voisines, ou encore pour laisser des plantes aux prochains cueilleurs / brouteurs...!
En général, je ne cueille jamais une plante si elle est seule dans un milieu. De même, je ne cueille jamais la plante entière, ou toute une station. Je ne ramasse que ce que j'ai l'intention de consommer et uniquement la partie que je vais consommer. 
En effet, il n'est pas nécessaire d'arracher une plante si je ne veux consommer que les feuilles!
En général, il faut retenir de ne pas cueillir plus de 25% des sujets d'une station ou d'une plante. Les plantes sont des êtres vivants, elles font partie d'un tout et l'équilibre du milieu en dépend.
On voit bien par exemple la prolifération de certaines plantes comme les chardons, les renoncules sur certains terrains surexploités.
N'oubliez pas également si vous allez faire de la cueillette dans des prairies avant les foins de ne pas piétiner toute la prairie...

Utiliser et conserver ses cueillettes 

 

 

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De la cueillette... à l'assiette!
Une fois de retour à la maison, l'idéal est bien entendu de consommer les plantes dès que l'on est rentré, mais ce n'est pas toujours possible. 
Si on ne peut pas les traiter tout de suite, on peut les laver une première fois, les essorer dans une essoreuse à salade et les conserver dans le panier à salade ou dans des boites pendant quelques jours.
Pour la conservation différentes solutions se proposent suivant la saison et les plantes récoltées: séchage, conserves, congélation, lactofermentation... qui seront le fruit de votre expérience et de vos expérimentations.
  
Retrouvez nos dates de stage cueillette des plantes sauvages ici. 
Retrouvez également d'autres articles et recettes sur le site de l'Aventure au Coin du Bois!



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mardi 14 février 2017

Cueillir des plantes sauvages... Mode d'emploi! - les freins 2/3

Suite du premier volet sur les intérêts à faire de la cueillette, à venir des conseils pour réaliser de bonnes cueillettes.

 

Les freins à la cueillette


Toxique or not toxique?

 

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Carotte sauvage ou petite ciguë? La réponse en cliquant sur la photo!

 
Le premier rempart à la cueillette est bien souvent la méconnaissance des plantes et donc la peur de confondre des plantes comestibles avec des plantes toxiques.

La toxicité est un terme très relatif, qui va dépendre de l'état de santé et de la corpulence d'un individu ainsi que de la concentration en principes toxiques des plantes. 
Certaines plantes peuvent être toxiques à l'ingestion, d'autres peuvent selon les personnes provoquer des réactions cutanées ou autres dermites. 

Comme je le dis souvent, il faut être modeste et commencer par cueillir uniquement les plantes que l'on connaît bien, et petit à petit, on peut se lancer sur plus de sortes de plantes. Un stage sur le terrain avec des personnes fiables est toujours un gage de réussite  et sans dangers. Mais on peut se contenter de manger des pissenlits et des orties, c'est déjà un bon début!



Pollutions et parasites

 

Il faut également prendre garde aux lieux de cueillette afin d'éviter les pollutions, qu'elles soient chimiques ou autres. 

Il est donc souhaitable de ne pas cueillir dans des lieux situés directement à côté d'une route passante, d'un champ cultivé ou autre lieu proche d'une pollution directe.
Les prairies sur-pâturées ne sont pas non plus de bons lieux de cueillette à cause des fortes présences en nitrate et des déjections animales. 

Certains parasites nuisibles pour l'homme peuvent se retrouver dans certaines déjections animales, notamment dans celles des ovins ou des canidés. 
Je veux bien sûr parler de la douve du foie et de l’échinococcoseIl s'agit de 2 parasites du foie chez l'homme. Éviter donc les lieux fréquentés par les moutons, les chiens, les renards, ou si vous n'êtes pas sûr, cuisez les plantes récoltées au moins à 60°C. C'est la seule manière d'éliminer les parasites. 


Dans le troisième volet de cet article, je vous donnerai des conseils pour réaliser de bonnes cueillettes...

Retrouvez nos dates de stage cueillette des plantes sauvages ici


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mardi 7 février 2017

Cueillir des plantes sauvages... Mode d'emploi! 1/3



Parmi les personnes que je rencontre lors des stages, des animations, des conférences et des salons, une question revient souvent: Mais pourquoi cueillir les plantes sauvages?
Je vais tenter de répondre à cette question en essayant également de comprendre comment cueillir les plantes sauvages. En effet, on ne peut pas aller faire de la cueillette dans un état d'esprit consumériste, comme on nous invite à le faire dans les magasins (bio ou non), ce ne serait pas viable à long terme. 


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Cueillette printanière!




Intérêts à la cueillette



Un regard différent



Tout d'abord, faire de la cueillette, c'est avoir un regard différent sur la nature qui nous entoure. Généralement, mieux on  connait le milieu dans lequel on vit, plus on a tendance à le respecter,  car on prend mieux conscience des interactions du milieu.

Un autre monde s'ouvre soudain à nos yeux. Toutes ces plantes que nous croyions voir semblables commencent à se différentier avec  toute leur diversité, forme des feuilles, verts différents, forme et couleur des fleurs... un petit monde à notre portée, juste en prenant le temps de se poser pour l'observer. 

Les balades et les randonnées dans la nature prennent un autre sens, on devient beaucoup plus attentif à la diversité des plantes que l'on croise en chemin. 
Je ne vous cache pas que les promenades ont tendance à se raccourcir en longueur, mais pas forcément en durée! 

Au jardin également, certaines plantes que l'on ne voyait que comme des envahisseuses ou des adventices trop présentes deviennent d'un coup des alliées du jardin voire même des hôtes privilégiés sur la table. 
Lors des weekend plantes sauvages ou des balades botaniques, j'ai souvent des personnes qui me disent: "c'est incroyable, ça fait des années que je peste contre cette plante dans mon jardin et je l'arrache sans pouvoir m'en débarrasser, alors que j'aurais pu la consommer!"
 


Nutrition et vitalité

 

Ensuite, la cueillette permet d'être en totale adéquation avec les saisons, manger les produits de saison prend un sens beaucoup plus net. Les plantes sauvages permettent également d'apporter une variété et un complément non négligeable aux légumes et autres denrées du commerce.

Ceci n'empêche pas d'être prévoyant et de stocker certaines plantes recueillies pour les saisons moins riches. Les châtaignes ou les glands, les orties pour ne pas les citer, ramassés à l'automne régaleront les papilles pendant tout l'hiver! 

Certaines substances sont naturellement présentes et parfois en grandes quantités dans les plantes sauvages que nous ne trouvons pas forcément dans les produits que nous achetons communément, comme les mucilages, certaines vitamines, le potassium... qui participent à notre vitalité.
Le fait d'aller de la cueillette à l'assiette soi-même donne également une autre envergure aux repas, les jardiniers en savent quelque chose!

Les plantes sauvages ont des qualités nutritives intéressantes, elles poussent seules sans engrais ni pesticides et ont une vitalité remarquable. Elles sont plus riches en minéraux et vitamines que les plantes cultivées et sont donc plus nourrissantes. Essayez de faire un pesto de plantes sauvages fraiches (orties, plantain, ail des ours...), vous allez vite remarquer que vous n'avez pas besoin d'en consommer beaucoup pour être rassasié!

Certaines substances sont naturellement présentes et parfois en grandes quantités dans les plantes sauvages que nous ne trouvons pas forcément dans les produits que nous achetons communément, comme les mucilages, certaines vitamines, la silice... qui participent à notre vitalité.


Elles sont extra fraiches et n'ont pas le temps de séjourner dans des chambres froides ou sur des étals. 


Dans le prochain volet de cet article je vous indiquerai les freins à la cueillette sauvage

Dans le dernier volet, je vous donnerai des conseils pour réaliser de bonnes cueillettes...
 
Retrouvez nos dates de stage cueillette des plantes sauvages ici


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