lundi 12 juin 2017

Consoude officinale et digitale pourpre bien les différencier

Consoude officinale unis vers nature
Consoude officinale - Symphytum officinale


Lors de stages ou d'animations, les participants me font souvent part de leurs difficultés à bien identifier la consoude (Symphytum officinale), une bonne comestible et notamment de la confondre avec la digitale pourpre (Digitalis purpureum), ce qui serait très embêtant.

En effet la digitale pourpre ainsi que ses cousines comme la digitale jaune (Digitalis lutea) sont très toxiques car elles contiennent de puissants cardiotoniques qui peuvent mener à la mort en cas d'ingestion. L'ingestion de 2 feuilles serait létale pour un adulte (source: Mind-Altering and Poisonous plants of the World).

Le plus difficile est bien sûr de l'identifier quand la plante est jeune et exempte de fleurs, car nous le verrons, les fleurs sont bien caractéristiques de l'une ou l'autre espèce. 
Les 2 plantes aiment les milieux humides et poussent en colonies.

Identification pas à pas:


Les feuilles


Tout d'abord, si elles sont toutes les deux poilues, la texture des feuilles est bien différente et c'est une caractéristique très importante:
  • La consoude est rêche
  • La digitale est douce 

Nous allons les comparer côte à côte, ce qui est bien entendu plus simple que lorsque l'on se trouve face à une plante seule, mais cela permet de bien voir les différences. 

A gauche, une feuille de digitale, et à droite une feuille de consoude. 

comparaison digitale consoude unis vers nature
Feuille de digitale à gauche - Feuille de consoude à droite recto

1) La couleur de la digitale est vert clair, alors que la  consoude est d'un vert bien foncé. 
2) La forme de la digitale est large au milieu puis diminue pour terminer en pointe arrondie, alors que la consoude est plus ovale lancéolée avec une pointe bien marquée
3) La nervure centrale de la consoude est bien blanche et visible à la base sur le recto
comparaison digitale consoude unis vers nature
Feuille de digitale à gauche - Feuille de consoude à droite verso

Sur le verso, les nervures de la digitale sont bien visibles et blanches sur toute la surface, alors que pour la consoude, seule la nervure centrale est blanche, et le reste de la feuille semble marbré.

Les fleurs


fleurs consoude unis vers nature
Fleurs de consoude

Les fleurs de consoude sont bien reconnaissables, mauves à blanches selon l'espèce, les fleurs sont en forme de tube et sont en grappes.

fleurs digitale unis vers nature
Fleurs de digitale pourpre

Les fleurs de digitales sont quant à elles disposées en épi, en tube également, mais pourpres à l'extérieur, et blanches tachetées de pourpre à l'intérieur, une autre espèce, la petite digitale ou consoude jaune (digitalis lutea) a les fleurs blanches à jaunes.

mercredi 17 mai 2017

Les jeunes pousses d'épicéa, délice de fin de printemps




Jeunes pousses épicea - picea obovata - unis vers nature
Jeunes pousses d'épicéa



L'épicéa attend généralement de nous offrir ses généreuses jeunes pousses que les risques de gelée soient écartés. 

Bien l'identifier


Il faut tout d'abord bien identifier l'épicéa de ses cousins, les sapins. Vous pouvez vous référer à un précédent article - "Le sapin de noël, mais qui est-il vraiment?". Les sapins sont comestibles, donc pas de problème en cas d'erreur d'identification! Il est d'ailleurs très intéressant de goûter les saveurs très distinctes de l'épicéa et des différents sapins. 

Toutefois, attention à ne pas goûter de jeunes pousses d'if qui est totalement toxique mis à part la pulpe de ses fruits appelés arilles. 

Rameau if - toxique - unis vers nature
Jeunes pousses d'if bien reconnaissables

Rameau if - toxique - unis vers nature


Il est bien reconnaissable avec ces différents points: 
  1. Disposition des feuilles ou aiguilles en arrêtes de poisson
  2. Feuilles ou aiguilles plates
  3. Feuilles avec de longues écailles le long du rameau
  4. Jeunes rameaux  des années passées à la tige verte
  5. Traits caractéristiques des aiguilles du sapin au revers peu visibles
  6. Fruits sous forme d'arilles oranges sorte de petite baie obovale
 

La cueillette et son intérêt

Jeunes pousses épicea - picea obovata - unis vers nature
Hum, cueillette prometteuse!


Une fois que vous avez bien identifié votre arbre, en route pour la récolte, en prenant bien soin de ne pas dépouiller le même rameau de toutes ses jeunes pousses, appelées parfois à tort bourgeons.  
Les pousses d'épicéa sont naturellement expectorantes, diaphorétiques et sédatives. Elles sont également riches en vitamine C, bien utile à cette période!


 

 

Comment les consommer? 


On peut consommer les jeunes pousses d'épicéa telles quelles en balade, ou bien les hacher finement dans les salades, pour y ajouter une note citronnée. 
En crème dessert ou dans des crumble c'est également très bon!
On en fait également de très bons sirops dont voici une recette: 


Jeunes pousses épicea - picea obovata - sirop_ unis vers nature
Dans quelques jours, le sirop est prêt!


  1. Dans un bocal alterner une couche de jeunes pousses d'épicéa et une couche de sucre
  2. Laisser reposer au soleil pendant quelques jours jusqu'à ce que les jeunes pousses aient exsudé leur jus. 
  3. Faire bouillir de l'eau et compléter le pot afin de dissoudre le sucre restant. 
  4. Filtrer et exprimer. 
  5. Il est possible d'utiliser le reste des jeunes pousses dans un crumble ou un gâteau.


dimanche 23 avril 2017

10 trucs et astuces en randonnée bivouac et survie… 2



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 10 nouvelles astuces pour faciliter vos bivouacs, vos sorties et randonnées, ne manquez pas l'article précédent!


  1. Des baguettes chinoises improvisées. Deux branchettes* retaillées et le tour est joué (frêne, érable, pin,...).
  2.  La chambre à air « à tout faire ». Très bon allume feu de secours on peut en enrouler deux ou trois « élastiques » autour d’un briquet.
  3.  Fil de cuivre « à tout faire ». Du fil de cuivre récupéré lors de travaux électriques, souple, il servira et resservira à plein des trucs et ne cassera pas comme du fil de fer. On peut le tortiller pour faire un crochet ou autre outil souvent bien utile en mode Mc Gyver.
  4.  Ranger une cordelette ? C’est facile et fini les nœuds si on l’entoure autour d’un petit morceau de bois ou sinon enroulé à la façon des cordes d’escalade ou des bouts de marin dans un minisac.
  5.  La dragonne du couteau pour retenir les doigts. Une petite dragonne bien ajustée sert à retenir les doigts pour éviter la lame, plus longue on peut aussi l’enrouler autour des doigts.
  6.  Un fond de poche qui sert tous les jours. Un couteau suisse, une petite pince, un briquet avec son allume feu, une aiguille, du duc tap, une mini lampe, un morceau de fil de cuivre…
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  7.  Une brosse à dent improvisée ? Retailler une branchette* et écraser le bout pour en faire sortir les fibres. On peut aussi se faire un cure dent avec un morceau de bois*. Attention toutefois de ne pas laisser des morceaux de fibre entre les dents. Bien se rincer la bouche façon bain de bouche.
  8.  Une bouillotte à 50°C qui ne brûle pas. Au contact de la peau on ne peut supporter une température de plus de 60°C. Pour réaliser une bouillote à 50°C il suffit de mélanger ½ d’eau froide et ½ d’eau bouillante (dans la théorie l’eau froide devrait être à 0°C, bref vous avez compris le truc à vous d’ajuster).
  9.  Un bouchon de bouteille percé du plusieurs trous pour vaisselle et toilette.
  10.  L’ortie, La plante idéale pour se rassasier en bivouac : en pesto, ou cuite avec des pommes de terre ou des lentilles corail, ses protéines complètes et ses minéraux en fait une plante incontournable !

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Tuto pour ranger une cordelette ;o)

Tous les nœuds utiles en bushcraft et survie:

*N’utilisez pas des bois toxiques comme l’if, le thuya, l’acacia...


vendredi 14 avril 2017

10 trucs et astuces en randonnée bivouac et survie…



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Des fois, il suffit de pas grand-chose pour rendre une randonnée et un bivouac vraiment sympas. Les petits trucs et astuces qui suivent sont là pour ça, se simplifier la vie pour profiter au mieux de ces bon moments.

  1. Les cordelettes et nœuds préparés sur le poncho, le tarp et la couverture de survie pour des abris montés en 2 minutes et une bonne organisation. Être efficace !
  2. Un brassard de vélo pour se signaler la nuit … quand on rentre, au bord d’une route, mais aussi pour retrouver plus facilement son campement avec une frontale ou encore bien marquer les fils de tarp et de tente…
  3. Une poupée sur un tarp ? Non non, pas au feutre indélébile. C’est le nom d’une méthode pour attacher une cordelette à une bâche quand il n’y a pas d’œillet. Mettre un petit caillou (lisse), une boule de terre, de mousse, de feuilles mortes… à l’endroit où l’on veut fixer sa cordelette et faire passer le bout de bâche dans la boucle d’une demi-boucle gansée. C’est plus solide qu’un œillet ou qu’une boucle d’attache en sangle ;o
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  4. Le duc tape « à tout faire »… petite astuce pour les rustines en duc tape des tarps et autre couverture de survie, découper en rond pour éviter que les coins se décollent ;o)
  5. L’élastique de chambre à air « à tout faire ». Comme des élastiques mais plus solide. Sert à attacher, mais aussi d’amortisseur sur un tarp quand il y a du vent… pour éviter de trop endommager la toile.
  6. Un trépied pour cuisiner. Trois grandes perches de bois mort reliées à un bout, une popote avec une anse et un système de crémaillère. C’est le top pour cuisiner au feu de bois.
  7. Une fourchette avec un rameau. Un item de moins à emporter… de plus, se confectionner quelques outils en bois sur le terrain c’est toujours bien agréable.
  8. Le zip lock carte. Il pleut ? Besoin de s’orienter ? Rien de tel qu’un grand zip lock ou autre sac de congélation pour abriter une carte IGN.
  9. Un mélange sel et bouillon cube en poudre. Un petit flacon en plastique où l’on range de quoi assaisonner les soupes et salades de plantes sauvages.
  10. Plantain « à tout faire ! ». Quelques feuilles de plantain (rincées à l’eau) font une bonne base pour une salade, soupe et autre pesto coupe faim en randonnée. Idéalement passées à l’eau bouillante puis broyées, ces feuilles feront un très bon antibactérien et arrêteront aussi le saignement des petites coupures grâce à leurs tanins astringents. 

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10 autres bonnes astuces de bivouac, randonnée et survie.

mercredi 29 mars 2017

Abri à insectes, buche percée et tiges


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Un nichoir à insectes aura plusieurs objectifs, celui de répondre à un manque d’habitat de ces hôtes indispensables bien sûr, surtout dans des zones où la nature est trop « propre » ou trop maitrisée, mais aussi comme objectif de pouvoir les observer et mieux comprendre leur rôle dans l’équilibre et le fonctionnement de la nature, comme la pollinisation, la décomposition des végétaux, mais aussi le bon fonctionnement de tout un cycle dont ils font partie.

Parmi les différents types d’abris à insecte qui existent, ici je vous propose un modèle très simple de buche à trous et tiges creuses et pleines pour syrphes, osmis, guêpes solitaires et bourdons.

Comment faire?


Il vous faudra un quart de buche (préférez des bois de feuillus), deux bouts de planchette et six vis pour fixer le tout. Enfin des tiges creuses et pleines comme :

Tiges creuses :

  • Berce
  • Renouée…
  •  Clématite
  • Canne de Provence
  • Bambou

Tiges pleines :

  • Ronce
  • Sureau
  • Fusain
  • Framboisier

Comme d’habitude, une belle photo comme modèle vaut mieux qu’un long discours.

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A la différence des nichoirs à oiseau, ceux à insectes peuvent être réalisés avec du bois moins épais et de qualité moindre. On peut aussi faire de la récup sur des palettes déclassées par exemple, mais attention, on veillera à ce que dans tous les cas, le bois ne soit pas traité, à ce propos, on ne devra pas les huiler comme les nichoirs à passereaux, à la rigueur on pourra huiler le toit, mais surtout pas la bûche.

  1. Dans la buche effectuer des trous de diamètre compris entre 3 et 14 mm, mais attention ils ne traverseront pas la buche.
  2. Fixer les deux bouts de planchette et la buchette à l’aide des 6 vis
  3. Dans la partie du haut, y insérer les tiges creuses et les tiges à moelle en s’assurant qu’elles soient bien calées. Avec le temps (et suivant l’hygrométrie) elles peuvent se rétracter et bouger, n’hésitez pas à en rajouter. L’idéal est d’en utiliser de bien sèches.
  4. Enfin, vous pourrez fixer le nichoir sur un poteau, un mur de maison ou abri de jardin ou encore le suspendre à une branche ou un bout de charpente d’habitation.
  5. Si toutefois vous désirez les protéger, on pourra fixer de petites plaques de plastique (toujours de récup) sur le dessus, mais ce type de nichoir est facilement réalisable, il est donc amené à bien vieillir et être recyclé en garde-manger à xylophage et autres insectes décomposeurs.

Comment attirer des insectes ?


Un des problèmes souvent rencontré est tout simplement le fait que bon nombre de gens sont déçus d’avoir fabriqué, voir acheté un abri à insectes et que ce dernier se retrouve inoccupé d’année en années.
Il peut y avoir plusieurs raisons à cela, et comme souvent cela peut dépendre d’un ou plusieurs facteurs. Explorons donc ces différentes pistes qui favoriseront la venue de ces auxiliaires dans nos abris mais aussi dans le jardin:


  • Un ou des lieux relativement protégés et favorables aux différents insectes avec une exposition sud-est ou sud-ouest, sud-est. Un petit conseil, favorisez plusieurs microclimats et adoptez ceux qui fonctionnent les mieux. Par exemple pour l’osmie, un lieu sec et protégé de l’humidité et du vent leurs conviendrait mieux, prenez exemple sur nos fameux trous d'aération de fenêtres.
  • Un jardin exempt de traitements chimiques.
  • Un compost
  • Des abris pas trop « neufs », en effet les insectes adorent le vieux bois et sont visiblement moins friands des résineux.
  • Des nichoirs à insectes sans peinture ni vernis ou autre traitements.
  • Un jardin et potager fleuris, mais aussi des plantes endémiques du milieu.
  • Un jardin un peu fouilli, avec des zones d’herbes hautes, des vieux tas de bois… Mais pas trop, sinon vos nichoirs auront trop de concurrence (eh oui le premier rôle d’un nichoir est de répondre à une carence d’abris naturels).
  • Un point d’eau tel que soucoupe pour les oiseaux, mais aussi mare ou simplement une flaque d’eau.
  • Une zone chaude et sèche avec du sable.

Bonnes réalisations ;o)

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Osmie dans un trou d’aération de porte.