vendredi 30 septembre 2016

Bol en bois creusé au feu.




Voici l’un des moyens primitifs de réaliser un contenant relativement étanche, ce n’est pas le meilleur (le plus étanche, transportable, économe en énergie et en temps,…) mais bon, c’est une technique sommes toutes intéressante, où je vous amène plus à une réflexion sur le contenant étanche en pleine nature et nos moyens en survie.

Pour cela il faut bien sûr le feu… et c’est déjà un bien tellement précieux en pleine nature que d’arriver à obtenir du feu, surtout avec une technique primitive ;o)

Pour le bois, on pourrait très bien utiliser un bon couteau si on en a un, pour le couper et le refendre, mais à ce compte-là, pourquoi ne pas avoir au lieu du couteau un récipient étanche qui va directement sur le feu et un briquet (avec un bon allume feu) dans la poche…

Tout cela nous amène à reconsidérer les priorités en survie pour bien répondre à nos besoins et donc nos mini kits de fond de poche, et aussi de fond de sac :
Une couverture de survie (une solide et légère) un briquet (et l’allume feu qui va bien), quelques micropures et un zip lock pour ranger tout ça… avec un bon savoir-faire et un peu de motivation on peut passer quelques jours en forêt autour de 0°c sans trop de problèmes.

Revenons-en au morceau de bois ! Choisissez un bon morceau d’un volume intéressant, sans défaut (nœud, partie abimée,…), personnellement je n’ai essayé que le chêne et le frêne et ayant réalisé bon nombre de kuksa, le bouleau devrait bien aller aussi. Enfin, sans avoir essayé, je dirais aussi l’érable, l’acacia,… peut-être le sapin.

En haut à gauche, bol réalisé il y a 3 ans. à droite l'année passée pendant un stage avec Christophe Monplaisir et en  bas dernière réalisation cette année.


Sans outil, il ne reste que les pierres ou le feu pour couper, creuser, fendre etc…
Pour la réalisation de ces bols je suis parti de demi-buches ou d’arbres morts tombés que j’ai redécoupés et fendus avec ma scie pliante et mon couteau.

Il vous faudra donc :
_Du feu
_Une demi-buche.
_Des baguettes et spatules de bois pour manipuler les braises.
_De la terre argileuse humide (facultative).
_Des pierres, graviers et ou sable pour gratter le fond du bol, idéalement une pierre ronde et abrasive.


Étape par étape :

Un bol creusé est assez simple dans le principe mais un peu long à réaliser, compter 3-4 heures rien que pour creuser avec les braises, ce n’est pas fastidieux (ce sont les braises qui travaillent) juste chronophage.

Une fois les éléments réunis et préparés, commencez par déposer un petit tas de braises au milieu de la demi-buche et laissez faire.




Entretenez votre feu pour avoir toujours suffisamment de braises dans un premier temps
Quand les premières braises auront formé un petit creux, vous pouvez commencer à gratter avec une pierre et redéposer un nouveau petit tas de braises.

Une fois qu’il y a une petite cavité qui commence à se former dans la demi-buche, vous pouvez très bien n’utiliser que du charbon de bois et entretenir une braise au cœur du bol, c’est d’ailleurs un très bon moyen pour transporter un feu.



Boudin d'argile.


















Bien sûr vous pouvez souffler pour raviver la braise et aussi augmenter la vitesse de travail, mais attention de ne pas trop chauffer le bois, au risque qu’il n'éclate. Comme pour la kuksa ou tout autre type de travail du bois, le bois va toujours commencer par sécher au cœur, c’est pour cela qu’on le fend. Je vous invite à relire les articles sur le travail du bois (kuksa, cuillère en bois…) de nombreux conseils y sont déjà donnés.

Pour souffler, vous pouvez réaliser une paille avec de l’écorce souple comme le merisier ou le bouleau (à prélever sur bois mort, plus facile et n’endommage pas un être vivant).

Vous pouvez aussi former avec vos deux pouces et vos deux index réunis une sorte de petite embouchure qui permet de canaliser votre souffle, c’est très efficace (aussi pour dynamiser un feu de bois).

Après une soirée de 2 heures de travail.


L’argile humide sera utilisée pour créer un petit boudin sur les bords autour du futur bol et ainsi limiter considérablement la carbonisation du bois par la braise.
Attention toutefois à ne pas mouiller le bois du bol, mais uniquement l’argile. Une fois qu’elle est sèche vous pouvez aussi la remplacer.
Enfin, une autre technique consiste à plaquer une braise avec une spatule contre l’endroit à creuse et de souffler dessus.



Une fois la cavité du bol suffisamment creusée, vous pouvez finir de gratter, d’enlever le charbon avec du sable et finir par polir le fond.




Quand le bois est bien refroidi, il ne vous restera plus qu’à rincer le bol et voir s’il ne craque pas.

Généralement l’eau imprègne les fibres du bois et finit par goutter, mais le bol retient l’eau suffisamment longtemps pour pouvoir la boire, mais aussi la faire bouillir avec des cailloux chauffés.



Bonne réalisation ;o)