samedi 19 septembre 2015

Le fruit d'automne par excellence: Le gland

 

Le chêne, plus qu'un arbre, un symbole

 

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Le chêne tient une place importante dans nos civilisations depuis des millénaires, non seulement par sa stature, il a été l'objet de culte pour des civilisations, mais surtout par les différents usages qui en sont faits.
Le bois des chênes est réputé comme très solide et de nombreuses pièces ont été utilisées pour la construction.
Les tanins qu'il renferment ont servi dans de nombreux domaines comme le tannage, la médecine...
Enfin, les fruits du chêne sont consommés depuis la nuit des temps, et c'est sur ce point que nous allons nous arrêter.
Je vous recommande la lecture de l'excellent article sur le chêne dans le cahier n°1 de l'Aventure Au Coin du Bois.


Qui est-il?

 

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Glands de chêne pédonculé - Quercus robur, en haut à gauche une noix de gale


L'arbre


Botaniquement parlant, le chêne fait partie de la famille des Fagacées, il existe 8 espèces spontanées en France, mais ce sont bien le chêne pédonculé (Quercus robur) et le chêne sessile ou chêne rouvre (Quercus petraea) qui représentent environ les 3/4 de nos chênaies en France. Certaines espèces, comme le chêne vert (Quercus ilex) ou le chêne kermes (Quercus coccifera) prédominent dans le sud de la France, ou le chêne Tauzin (Quercus pyrenaica) dans l'Ouest.
Les arbres des deux espèces les plus communes peuvent atteindre 40m de haut et plusieurs centaines d'années. 
Citons également le chêne pubescent (Quercus pubescens), très présent sauf dans le Nord, la Bretagne et les Landes, qui a la particularité de garder ses feuilles mortes tout l'hiver jusqu'à l'apparition des nouvelles feuilles au printemps (marcescent) 


Les feuilles


Nous parlerons ici des deux espèces les plus communes (chêne pédonculé et chêne sessile)
Elles sont alternes, entières et leur marge est lobée, d'un beau vert sombre. Les feuilles sont caduques.
Suite à la piqure de cynips, de petits insectes, les feuilles développent une excroissance que l'on nomme une noix de gale qui est couramment utilisée (médecine, teinture, encre... voir dans un prochain article). 

Les fleurs et les fruits

 

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Les fleurs prennent la forme de chatons au printemps et ne sont donc pas très remarquées. Les fruits sont des akènes simples, les glands, dont la cupule est le reste des bractées de la fleur. 
Le chêne pédonculé se reconnait facilement par la tige, le pédoncule qui relie le fruit à la branche. Le chêne sessile en est dépourvue, du moins la tige est-elle très réduite.




Lorsque vous cueillez ou ramassez les glands, vous pouvez tout de suite éliminer ceux qui sont tachés, cela indique qu'ils sont habités. 


 

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Gland à coup sûr habité!!!

 

 

Le gland en cuisine


Caractéristiques nutritionnelles du gland

Les glands se caractérisent par leur forte teneur en tanins dans nos régions, ce qui fait qu'ils ne sont pas comestibles tels quels. Nous allons voir plus bas comment procéder. 
Il s'agit d'un aliment très riche en glucides, lipides et en protides, donc comme vous l'aurez compris, très nourrissant! 
Ils sont également très bien pourvus en potassium, en phosphore et en vitamines B2 et PP.

Comment le cuisiner

Autant les tanins ne sont pas comestibles à hautes doses, car ils provoqueraient des troubles digestifs et des maux de tête. La bonne nouvelle, c'est qu'ils peuvent assez facilement s'éliminer par l'action de l'eau! Voyons comment:

Méthode de la cuisson

Après avoir enlevé l'écorce et la petite peau qui recouvre le fruit (un petit passage dans une poêle à sec facilite l'opération), il suffit de les ébouillanter plusieurs fois en changeant l'eau à chaque reprise (généralement au moins 3 fois, mais parfois plus si les glands sont très amers)  jusqu'à ce que l'amertume disparaisse. Les broyer accélère le processus.
Au préalable, je vous conseille des les couper en deux pour éliminer les hôtes indésirables

Méthode à froid

 Après l'écorçage comme précédemment et avoir ôté la peau, (idem que plus haut, les couper en deux pour éliminer les intrus...!) il faut broyer les glands dans de l'eau, les mettre dans un pot et les mettre dans le réfrigérateur. Le broyat se dépose au fond. Il faut alors changer l'eau tous les jours pendant une semaine environ jusqu'à ce que l'eau devienne claire, ce qui indique que les tanins sont éliminés. Vous pouvez ensuite congeler de petites quantités (équivalent à 1/2 mug par exemple) dans des boites ou des sacs de congélation.


Il existe de nombreuses recettes à base de glands, pour ma part, j'aime beaucoup ce petit fascicule certes en anglais qui recèle de nombreux trésors: Acorn and eat em accessible librement. 


Voici une recette tirée de ce petit livre, que j'aime bien réaliser:

Petits pains aux glands

2 tasses de farine (blé ou riz conviennent bien)
1 cuillère à café de poudre à lever
1/2 cuillère à café de sel
4 cuillères à café d'huile
3/4 d'une tasse de lait (le lait végétal convient bien)
1/4 de tasse de pâte de gland

Mélanger la farine, la poudre à lever et le sel, y ajouter l'huile. 
Ajouter la pâte de glands et le lait.
Fariner et faire de petites boules que vous mettrez sur la plaque de cuisson du four
Cuisson: 10 minutes environ entre 180°C et 200°C

Ils sont très bons nature, ou bien coupés en deux et fourrés pour faire de petites bouchées originales.
La pâte peut également servir de pâte à pizza...

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mercredi 16 septembre 2015

Noeuds utiles en bushcraft et survie 1



Pourquoi l’apprentissage des nœuds lors des stages de survie tient une place de choix ?
Simplement parce qu’après avoir pris connaissance des priorités en survie, comme par exemple des notions de prévention, l’orientation, savoir conserver ses 37 degrés quelles que soient les conditions, être capable de se signaler et d’allumer un feu ou encore de monter un abri de qualité… vient un point qui aide à la résolution de nombreux de ces problèmes.
Ce point essentiel, en cas de survie ou tout simplement dans la vie de tous les jours est tout logiquement d’avoir quelques notions de bricolage, et là, connaître quelques nœuds de base, ça change des fois bien la donne.

Bien sûr, on pourra toujours se dépanner avec un bout de fil de fer, ou mieux de cuivre, plus souple et moins cassant (on peut le tortiller un paquet de fois avant de le casser ce truc là). Quand je pars en balade j’en ai toujours un morceau enroulé dans mon sac à cordelette, c’est fou ce que ça peut dépanner un bout de fil de cuivre. 
On pourra encore utiliser des tendeurs, préparer ses cordelettes avec des nœuds tout prêts à l’avance, y fixer des bouts de chambre à air, des crochets ou des mini mousquetons…

Notez le détail, 2 bouts de chambre à air, si l'un pète l'autre prend le relais

Mais là on parle bien de savoir-faire et ce n’est pas toujours évident à réaliser pour un néophyte. Les nœuds sont surtout une question d’entrainement, de gymnastique régulière.
Personnellement, je révise régulièrement l’ensemble de mes connaissances dans ce domaine.

Une bonne astuce est d’avoir deux petits bouts de cordelette dans la poche (déjà, ça sert toujours) pour pouvoir s’entrainer quand on a 5 minutes, dans un bus ou en attendant un train, lors d’une longue file d’attente, etc… Ensuite, de se procurer un bon livre sur les nœuds ou de se faire des petites fiches à garder à portée de mains. C’est pour cela que je vous donne quelques-unes des fiches que j’ai réalisé pour les stages.



Savoir se débrouiller avec un bout de cordelette c’est toujours utile. C’est bien pour ça que lors des stages de vie et survie d’Unis Vers Nature l’apprentissage est assidu, sous stress, avec facteur aggravant comme par exemple avec les yeux fermés. Vous êtes-vous déjà retrouvé à monter un abri en pleine forêt la nuit sans lumière ? Avec pour seule cordelette de fortune, un cordon de capuche, votre lacet ou une bandelette de tissu arraché de votre t-shirt ? (petite piqure de rappel!) Avec une seule main… si si c’est possible, surtout si on se retrouve immobilisé et avec une belle fracture du poignet en prime ou une belle entaille…

Savoir l’art des nœuds en bushcraft et survie c’est un incontournable, pourvoir réaliser un trépied, monter un abri, faire un travois ou encore un beau fagot de bois mort sans en perdre jusqu’au campement,…

Donc, pour commencer, un peu de vocabulaire :

Courant : le brin qui effectue le travail.
Dormant : le brin qui est fixe, autour duquel le courant se déplace.
Ganse : aller-retour, « boucle » qu’effectue le courant.



Ensuite quelques nœuds :


Le demi-noeud: Il permet de finir certains nœuds. 




Nœud de chaise: Boucle simple à réaliser et facile à défaire même après de fortes tensions, on peut le finir par un demi-noeud. Une fois réalisé, la résistance de la cordelette est réduite de 40%.



Nœud de plein poing: Boucle facile à réaliser mais difficile à défaire si une forte tension y est exercée.




D'autre nœuds sur cet article!