vendredi 3 juillet 2015

La règle des 3 en survie… Mais pas que!




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Un peu d'humour dans ce monde de sérieux!.....Avec la canicule actuelle, vaut mieux se mettre le cul au frais!




Mise au point par Ron Hood il y a une trentaine d’année, la règle des 3 a jeté un canevas pour la survie moderne. Débattue, repris à la sauce de chacun, modifiée… elle a fait son bout de chemin.

La règle des trois est un moyen mnémotechnique pour se rappeler les priorités en cas de survie :

On survie :
_ 3 secondes sans vigilance (instant présent, conscience, gestion du stress,..).
_ 3 minutes sans oxygène dans nos organes vitaux (voies respiratoires dégagées, système sanguin opérationnel…).
_ 3 heures sans régulation thermique (garder nos précieux 37,2°C, gestion du froid, de la chaleur, prévenir l’hypothermie,…).
_ 3 jours sans répondre aux besoins hydriques du corps (limiter la déshydratation, trouver et rendre potable de l’eau, partir en balade avec une gourde pleine !!…).
_ 3 semaines sans nourriture (bien que la fatigue et les signes d’un manque se font sentir dès les premiers jours).
_ 3 mois sans hygiène (une simple petite écorchure qui s’infecte peut devenir grave si elle n’est pas bien désinfectée).
_ 3 ans (psychotruc, une vie de merde… etc).

Au vu de ces consignes il est clair que l’on brosse des priorités adaptables dans la plupart des cas, mais que bien sûr la survie est une question de cas par cas. 
Par exemple, les notions de conscience à 360° d’un lieu, conscience d’une situation, CONSCIENCE des dangers potentiels vont diminuer grandement les accidents, mais n’oublions pas que le risque zéro n’existe pas. On va juste diminuer le pourcentage de risque.
Autre exemple, suivant les situations de survie, on privilégiera l’apport hydrique avant la régulation thermique (si ma gourde est pleine justement et que je suis perdu en zone aride), sans pour autant négliger les autres, et que le « 3 » n’est qu’un moyen mnémotechnique (« une moyenne ») et non une règle absolue.

Cette règle de survie n’en reste pas moins un bon moyen d’aborder une mise en pratique efficace des notions et techniques de survie par rapport à une notion d’espace-temps. Une bonne base sur laquelle s’appuyer, construire ses connaissances des besoins de l’être humain dans un milieu donné en développant un savoir-faire adéquate.

_ Notion de temps, parce que certaines situations ne sont souvent (malheureusement) pas prises au sérieux à temps et qu’elles peuvent très vite empirer suivant les facteurs aggravants. Parce qu'il faut du temps pour que les secours se mobilisent, interviennent,…

_ D’espace, parce que bon nombre de cas (perdus, immobilisés) étaient très proche de secours ou de moyens leur permettant d’assurer leur survie, etc… en ayant un moyen de locomotion ou de communication déficient.

_ Se connaitre, connaitre le milieu dans lequel on évolue, et développer un savoir-faire en relation avec les deux premières composantes.

 

Oui mais!


A cette règle, une fois acquise, on peut y faire des exceptions, comme en grammaire (l’exception qui confirme la règle), par exemple le besoin en sommeil qui permet une récupération nerveuse et physique, par exemple 48 heures sans sommeil…
De tous ces manques il va en découdre une cascade, une augmentation des risques, par exemple un manque de sommeil diminue notre vigilance et nous rend moins résistant au froid au même titre que le niveau de déshydratation va augmenter aussi les risques de tous les autres facteurs…. Comme d’habitude, dans tout système vivant tout est plus ou moins inter-relié et en interaction plus ou moins constante.

Vous l’aurez compris, toutes les composantes d’une bonne homéostasie ou si vous préférez plus globalement toutes les composantes d’un bon état physique (endurance, équilibre physiologique,…), vont augmenter nos chances de survie et, cette logique adaptée à la vie de tous les jours, va diminuer nos risques d’accident, de mise en situation de survie. D’un point de vu physique, un sportif pratiquant des activités où son corps est confronté aux éléments naturels aura plus de résistance qu’une personne sédentaire non sportive.



Au-delà de la règle des trois ?


Pour aller plus loin que ce très bon cadre didactique et vous faire part de mon expérience, développons à l’extrême l’un des points clefs de la règle des trois. Pour certain cela sera une évidence, mais pour d’autre, je vous souhaite de le vivre pleinement, dans vos tissus, que ce principe devienne une seconde nature.

Le point clef de la règle des trois est bien sûr le premier point, la vigilance, la conscience de ce qu’il se passe autour et en nous… A ce propos, je ne saurais que trop vous conseiller de lire ou relire nos articles sur l'instant présent.
Ce point clef est directement et immédiatement touché par une carence des autres points.

Dès le moment où l’on travaille ce premier point, on va inéluctablement diminuer les autres, et donc les facteurs de risque qui mènent à une situation de survie.
Autant les autres points sont intéressants à travailler régulièrement et à développer, pour aboutir à un savoir-faire de plus en plus pointu (sous stress, avec facteur aggravant,..), autant la vigilance est affaire de chaque instant et peut vraiment s’intégrer au quotidien.

Savoir monter un abri et faire un feu est certes très passionnant et peut clairement faire la différence, mais savoir anticiper et devenir prévoyant, car c’est bien de cela qu’il s’agit, est un sacré atout. Bien au-delà de lâcher le mental et d’être pleinement conscient pour avoir de bons réflexes, l’ANTICIPATION, la présence d’esprit liée à la connaissance des risques potentiels va énormément changer la donne, bref… un peu de sagesse.

Prenons un exemple que l’on connait tous, conduire une voiture. Une fois les bases du fonctionnent du véhicule acquises (que l’on pourrait comparer à la connaissance de soi, de ces besoins et capacités)  et une fois le code de la route et les différents dangers que l’on peut rencontrer (connaissance des différents milieux et leurs facteurs risques) connus, ce qui va vraiment faire la différence c’est d’anticiper, de voir le truc arriver, au-delà de la simple vigilance, avant d’en arriver aux REFLEXES.
Par exemple bien prendre ses distances en roulant au lieu de coller celui de devant comme une mouche sur du PQ et avoir la présence d’esprit d’anticiper ses réactions donc de voir avant lui ce qui va le perturber ou arriver ailleurs, au lieu de rester bloqué (par l’ego, « l’emmental ») sur le simple fait qu’il se traîne un peu. Agrandir le champ de conscience à des facteurs de risque pluriels, « que fait le gars derrière, », « où va cette moto ? », « quel danger représente cet enfant ? »… cela on le connait bien.

Lors d’une balade en nature, d’un voyage…c’est la même chose, anticiper, éviter telle zone à risque, prévoir l’imprévu, lire une carte (satellite sur Google map, IGN,…), consulter la météo, connaître "ses limites", les différents points d’eau fiables (comprenez une source non asséchée) (vérifier auprès de la population locale)….

Combien de gens se perdent en cherchant les champignons, combien retrouvent leur voiture grelotant de froid sous la pluie… combien sont en déshydratation légère juste avant de partir en balade et n’ont qu’un litre d’eau sur eux (j’ai vu à plusieurs reprise des gens partir avec des gourdes alors qu’elles étaient vides !)

Être prévoyant est la première règle de la règle des trois.... avant d'en arriver aux "3 secondes!"

En exagérant, sans tomber dans la parano, on va vraiment anticiper, devenir prévoyant, prévoir des plans « B », « C » « D »… en proportion des risques, imprévus rencontrés, le tout est de trouver l’équilibre et de savoir aussi improviser, s’adapter…

Faites une formation de premier secours, un stage de survie (chez nous ou ailleurs, peu importe, dès le moment qu’il est fait en conscience), ayez l’habitude de prévenir vos proches, ayez un peu de savoir-faire (bien plus utile que de l’équipement que l’on ne maitrise pas), etc….

Cela ne sert à rien d’avoir la tente dernier cri si l’on ne sait pas la monter ou si l’on ne sait pas anticiper un orage de montagne.

 

Pour finir.


Pour reprendre un exemple que j’aime beaucoup, ayant pratiqué plusieurs arts martiaux et ayant été sensibilisé à la défense personnelle, cela ne sert à rien de devenir le meilleur si l’on ne sait pas anticiper,... éviter le pire.


"C'est l’histoire d'un mec...."
Coluche

3 types de gars :

_ Le gars qui va faire un stage de survie, une formation premier secours… et qui va rentrer chez soi et par exemple acheter quelques compresses hémostatiques, va en garder une sur lui (quand il va en ville, en balade… au cas où, pour aider quelqu'un...) et avec une deuxième, il va s’entrainer à la pauser (avec facteur aggravant ou pas) de temps en temps avec son conjoint, un ami... pour que cela devienne un automatisme (bonne gestion du stress).

_ Le deuxième type de gars, va faire sa formation premier secours etc… mais ne va jamais avoir avec lui une compresse et ne s’entrainera jamais.

_Le dernier… il compte sur les autres.






ANTICIPER...prendre soin des générations a venir...

...mais pas que!