lundi 9 juin 2014

Le couteau bandana de survie, ou comment s’entrainer à l’adaptation !


Bon, je suis avec plaisir le travail d’Alban Cambe de Nature, Aventure, Survie et j’ai rencontré François du CEETS (moniteur en formation), bref on a discuté, échangé, et …je pense qu’il est temps de sortir cet article qui, j’ai un peu honte, croupit depuis presque un an et demi dans le placard. Il arrive donc maintenant, pour faire un clin d’œil amical aux acteurs de cette passion commune!

Très bel exemple d'adaptation de la vie!

 

Le bandana suisse ?

A l’instar du couteau suisse, voici le bandana suisse !
Le bandana, un simple bout de tissu……ou l’outil multi tool de « survie » !
Tiens, et puis puisque je vous parle de couteau suisse…parlons couteau. Je reviendrai au bandana suisse après...

 

Le couteau dit de survie, ou comment s’adapter sans couteau.

Bon, ben je vais commencer par le couteau!
Ah ! Grand cliché qu’est le couteau, sous toutes ses formes et avec tout son bagage de mythes, de croyances, de préjugés, etc….
Je vais faire plaisir à certains qui me demandent des articles « survie » et continuer à tordre le cou à certaines idées, et puis depuis le temps que ça me démange !
Alors, pour faire simple, un couteau de survie, c’est quelque chose qui coupe quand on en a besoin, point barre.
Un galet de rivière ou une pierre, taillée ou simplement judicieusement cassée, un morceau de verre, ses dents, un bout de métal poli….Qui coupe, au mieux, ou qui use par friction grattage…jusqu’à la rupture, au pire.
Bref ! Ça me fait drôle de voir des pubs pour des couteaux dits de survie !


J'aime bien prendre des exemples extrêmes ;)
 

Couteau "lame fixe" :o) de survie!

Premièrement, toute chose n’est pas définie par l’étiquette qui lui est collée dessus (ça, ça dépend comment on regarde, comment on est formaté….), deuxièmement, dès le moment où l’on s’intéresse à la survie, la première chose que l’on apprend, ce n’est pas à avoir un couteau de survie, mais comment ne pas se mettre en situation de survie.
Rien ne sert de trimbaler des armoires de matos, si vous ne savez pas comment vous en servir, et… vous en passer.  Ce que vous êtes compte bien plus que ce que vous avez. On parle bien de la différence entre être et avoir, donc du savoir-faire.
En d’autres termes, ce n’est pas parce que l’on a, que l’on est ou que l’on sait faire, comme veulent bien nous le faire croire les matraquages publicitaires.
Donc, le couteau dit de survie est complétement antinomique !
Apprendre l’utilisation de quelques outils essentiels, comme un couteau (tiens par exemple !), toutes les possibilités qu’offre cet outil en biomécanique et en toute sécurité ou (et) quelques nœuds de base, vous dépannera toute votre vie.
Bref ! Un bel outil, c’est bien, un savoir-faire, c’est pas mal, surtout si c’est pour faire un bel outil ! ;op
Dans "bel outil" j'entends bien sûr un outil de qualité, c'est à dire fonctionnel, robuste, ergonomique, bien pensé, bien conçu, qui a fait ses preuves sur le terrain...Que vous avez validé parce qu'il répond à votre cahier des charges, que vous avez apprivoisé...

 

Le savoir-faire.

L’une des racines, à mon sens, du savoir-faire, se retrouve dans les premiers hommes et femmes qui ont vécu et survécu en s’adaptant. Prendre une pierre pour chasser de petits animaux et en arriver après un long apprentissage et transmission sur plusieurs générations à faire une pointe de flèche en silex, relève du savoir-faire.
L’un des points importants en survie, c’est le système « D ». Bref, jouer les Mc Gyver  de l’adaptation avec ce que l’on a, un cerveau avant tout, et ce qui nous entoure!
Tout cela pour répondre au besoin immédiat d’entretenir la vie où l’on est.
Un autre point important, c’est l’entrainement. Et l’une des meilleures façons de s’entrainer c’est tout simplement de l’intégrer sous forme de jeu, d’exercice dans la vie de tous les jours.
Quand on peut passer chaque petit instant libre de sa vie à s’entrainer, cinq minutes par-ci, une minute par-là, en attendant le bus, dans la file d’attente d’une caisse, ça fini par faire beaucoup…au lieu de passer une, deux ou trois heures par semaine à s’entrainer dans une salle de sport. Attention, l’un n’empêche pas l’autre ! Mais dans le premier cas de figure, on est plus sur un état d’esprit, une manière d’être.
Un vieux dicton dans le milieu des arts martiaux dit que le maître (celui qui maîtrise) révèle son art dans les gestes du quotidien. Ceci illustre bien cela !
Si l’on conjugue l’entrainement au système « D », cela donne alors, un petit sudoku du débrouillard, qui pratiqué régulièrement peut être un jeu très sympa entre collègues, amis ou avec vos enfants.

 

Bref, l’entrainement à l’adaptation !

BON ! ALORS ????
VOILA ! Voilà ! J’y arrive au titre de ce post ! Le BANDANA suisse !
Par exemple, qu’est-ce que je peux faire avec un bandana, qui n’est autre qu’un bout de tissu, un chiffon, un vieux drap, un morceau de son t-shirt, une chaussette….Promis j’arrête là !
  • Un filtre
  • Un récipient pour la cueillette
  • Un substitut de lien, ceinture improvisée, cordon pour l’archet lors du feu par friction...
  • Un bandage d’urgence
  • Un moyen de se signaler, pour peu qu’il soit d’une couleur qui ressorte là où l’on est. Et si c’est en mouvement, c’est encore mieux (les mouvements attirent l’œil)….donc un drapeau agité.
  • Une façon de se repérer. Dans la même idée que précédemment, mais pour retrouver un lieu, un chemin…en le balisant de morceaux déchirés du tissu.
  • Une serviette.
  • Un chapeau de fortune, protection contre le soleil ou le froid. Si on a un peu de foin, herbes sèches, feuilles sèches (ou même du journal), on peut créer un isolant en plus au chapeau.
  • Un appât à grenouille.
  • Un mouchoir, quoique, un ou deux doigt suffisent ;o)
  • Suivant la matière il peut servir d’allume feu.
Etc…etc…

18/03/15. Et hop une petite mise à jour, voici un lien sympa pour illustrer!

 

L’entrainement à l’adaptation. Niveau 2 !

Un autre exercice jeu, comment faire telle ou telle chose sans objet ! Toujours l’entrainement à l’adaptation !
Exemple, passer une journée, une semaine, sans utiliser de téléphone portable, sa voiture, son briquet…. Ce qui ne nous empêche pas de garder sur soi le téléphone par exemple en cas d’urgence. Comment au final s’adapter au changement, au manque de repère, etc…
Bref, vous l’aurez compris, pratiqué régulièrement, ce petit jeu nous entraine à improviser et se débrouiller. On peut le pratiquer vraiment au quotidien dans tout un tas de situations où le but du jeu est de s’adapter.
Enfin, pour passer de la petite pierre à la pointe de silex, il faut une énergie, un moteur. Si notre premier homme n’avait pas eu besoin de manger, se protéger du froid…, il ne serait jamais allé chasser.
En quelques décennies l’homme dit « moderne » a énormément perdu, tout ou presque de ce savoir-faire.
N’oubliez pas qu’avant tout, la seule chose qui vous appartienne vraiment et dont vous ne pouvez pas vous passer c’est votre corps. Donc, apprenez à le connaitre, à l’utiliser. Entrainez-le, aiguisez-le, entretenez-le bien, c’est une des clefs de la vie et survie.
On peut ainsi par exemple adapter le corps au froid (encore un point clef à travailler sous nos latitudes), par tout un tas d’exercices dans la vie de tous les jours:
_on peut tout simplement se laver avec une eau où, au fur et à mesure des semaines d’adaptation, on baisse sa température.
_Diminuer ses couches de vêtements quand on sort l’hiver. Attention, cela ne nous empêche pas d’avoir un bon vêtement thermique et coupe-vent avec soi au cas où, ou quand on atteint une limite raisonnable et progressive de l’entrainement.
_Diminuer la température chez soi de quelques degrés. Une année nous étions en travaux à la maison, et nous  avons passé l'hiver avec un 14°c au thermomètre intérieur. Après une petite semaine d'adaptation il ne faisait plus vraiment froid. Le corps s'adapte.

Quand j'avais une vingtaine d'année, je m’intéressais à la médecine chinoise, dans un livre sur le sujet il était expliqué que nous n'avions plus l’habitude de vivre les saisons avec nos climatiseurs l'été et radiateurs à fond l'hiver, le corps ne s'adapte plus au changement de saison...

Tout cela va permettre de mieux connaître notre corps dans son milieu et de relativiser, de s’adapter, de faire l’expérience de…
De diminuer notre niveau de confort.
Le tout est d'ANTICIPER, de s'entrainer, que cela devienne une seconde nature!

Par la suite lors de stages où l'on se retrouve dans le froid et ou trempé, au bout d'un petit moment, le corps se met à produire beaucoup de chaleur pour compenser, et on est bien. Inconvénient, c'est le jour qui suit le retour chez soi, la chaudière interne met un peut de temps à se calmer ;o)

Exercice d'abris et de feu dans la neige