mardi 18 mars 2014

Abri de survie au potager!


Stage survie
Abris forestier individuel. Ici la couche de feuille morte est un peu trop juste.


On me demande d’écrire des textes sur la survie…

Alors… je vous présente un tunnel pour les semis de printemps ! Si si je vous jure, c'est pas des salades!

Quel rapport me direz-vous ?

Simplement la capacité à s’adapter, la capacité de transférer ses compétences d’un domaine à un autre.

Lors des stages de vie et survie que je propose, les 3/4 de ce que j’enseigne, de ce que je transmets aux stagiaires sont des connaissances qu’ils ont déjà (le savoir, pas forcement le savoir-faire). Elles sont abordées sous un autre angle de vision, transposées et adaptées aux besoins du moment. On regarde en laissant de côté les formatages sociaux-culturels, le conditionnement à étiqueter et définir les choses, les situations, pour aller au pragmatique, à l’essentiel. Enfin, on passe cette connaissance élargie au savoir-faire, puis au retour d'expérience. Et vice versa.

Regarder et écouter en soi et autour de soi avec tout son corps, de tout son être, c’est une base de l’adaptation, de la vie et survie. Notre véhicule dans la vie c’est notre corps, il est en permanence en relation avec ce qui nous entoure : la température, l’hygrométrie de l’air, la fatigue, la visibilité, le moral, l’ambiance d’un lieu… il suffit juste d’en reprendre conscience, de retisser ce lien avec soi et le milieu dans lequel on baigne.

Un peu de jardinage… ?

Pour cet exemple-ci, ce sont les connaissances en jardinage.

Ici l’abri est réalisé avec des matériaux de récupération, comme souvent en survie, on fait avec ce que l’on a.

Quelques bouts de ficelle, deux morceaux de vieille bâche, et du bambou. En pleine nature, cela pourrait être, un lacet de chaussure, une couverture de survie (voire l’article sur le poncho) et quelques jeunes branches souples de noisetier.

L’écoute.

Tout d’abord, je me mets à l’écoute de mes besoins, ici cultiver des semis en optimisant la chaleur et la luminosité, donc l’ensoleillement. Tiens, cela me rappelle quelque chose ! Gamin, je me souviens d’une randonnée, où après avoir passé une nuit bien froide sur un col, nous remontions mon père et moi une pente pour chercher les premiers rayons du soleil matinal.

La vie qu’elle soit sous forme de graine ou d’être humain, les deux en devenir, ont besoin de certains facteurs pour vivre, s’exprimer. Bien sûr ces facteurs sont variables suivant la forme de vie. Bref notre corps à besoin de ses 37.5°C et ces graines (celles que j’ai choisies), pour germer, d’un minimum d’une terre à 14°C !

J’écoute le lieu, les vents dominants, quand il pleut, j’observe les endroits où la terre reste sèche, ceux où il se forme des flaques, etc… Comment ce qui m’entoure vit, réagit, bouge,….

preparer semis potager

Là c’est parfait, un ensoleillement optimum toute la journée, deux murs exposés sud-ouest, protégés des vents dominants (notamment celui du nord, bien froid dans la vallée de Lyon) donc un endroit qui me garantit un bon réchauffement de la terre. Ce n’est pas par hasard que les lézards viennent ici !

Petite astuce de jardinier, si vous vous arrêtez à ce stade et que vous avez semé, pour éviter que les chats viennent y déposer leurs méfaits  ou que les oiseaux piquent les semis, disposez des branchages en travers. En vie en pleine air si vous ne voulez pas attirer les curieux  utilisez le même principe, trouvez un coin pour bivouaquer où l’accès est discret et disposez quelques obstacles naturels naturellement! Les gens sont comme l'eau, si ils ne sont pas déviés, ils vont tout droit!

La réalisation.

Après avoir fini de préparé le lit de semence (la terre a été aérée quelques semaines avant et amendée par du compost) je réalise une structure en bambou.

Pour ceux qui seraient intéressés par la couche du bipède en mode vie et survie, je vous invite à faire un transfert des connaissances décrite dans l’abri à hérisson. Ben oui, faut savoir lire entre les lignes, c’est aussi un blog sur la survie ! Ils sont cachés là aussi les articles sur la survie ;o)

structure bambou serre tunnel semis potager

La structure aurait pu être plus basique, mais le bambou offre tellement de possibilités que j’en profite pour le bâtonner et utiliser des lames bien souples pour créer des arceaux. Tiens ! Mes maigres connaissances en confection d’arc s’expriment ici !

mini serre semis jardin potager


Les deux morceaux de bâche viendront coiffer le tout, bien maintenus par de la terre, et quelques lourdes pierres pour faciliter l’utilisation des parties amovibles. La température grimpe vite en journée, à titre d’exemple, je relève un 32°c à l’intérieur de la serre en milieu d’après-midi alors que sur le thermomètre à l’entrée de chez moi (mur à l’ombre) il ne fait que timidement un 12°c. Bien sûr, ce ne sont que des relevés concernant la température de l’air à un moment optimal, quand on sait qu’un être humain est plus sensible (20%) à l’émission de chaleur par rayonnement, on optimisera alors se type de « chauffage ». Un chauffage par convection, aura tendance à refroidir légèrement, en effet, une fine couche d'air chaud enveloppe le corps, c'est l'une des fonctions de nos poils, or le courant d'air créé par un chauffage par convection va venir perturber, voire chasser cette couche d'air chaud qui nous entoure, et ainsi nous refroidir légèrement.

Tiens, j’ai parlé de serre aussi… ça me rappelle le fameux effet de serre ! Et une de plus ! En effet, une nuit couverte de nuage sera beaucoup moins froide qu'une nuit sans. Comme un abri monté sous un couvert végétal sera mieux protégé du gel.

adaptation survie tunnel serre semis potager

analyse survie
Tiens ça condense...!?... ça me rappelle encore une certaine technique pour récupérer de l'eau ;o)

S’intéresser aux phénomènes météo est un point clef pour celles et ceux qui s’immergent un peu plus au contact de la vie en plein air.

Dans les jours qui suivent, guettez les éventuelles limaces et germes d’herbes indésirables. Laissez tranquillement un microclimat et une inertie thermique s’installer, puis commencez vos semis. Pensez à bien aérer en journée ensoleillée, pour éviter toute pourriture et surchauffe. Pensez à bien refermer avant le soir, pour garder un peu de chaleur sous abri et éviter les gelées matinales.


Autres applications.

 Les tuteurs faits maison en bambou qui serviront de support aux haricots mange-tout puis aux pieds de tomate. Adapté en survie cela donne une structure de base en trépied pour un abri, il suffit d'adapter la taille des perches.

Tuteur en bambou permaculture
Tuteur de jardin.

stage survie forêt
Même structure, deux applications différentes.

Le fameux réflecteur des manuels de survie, (qui cela dit en passant est généralement très mal expliqué donc peu ou pas compris) ici l'idée a été d'adapter le principe de construction pour contenir un compost!

anticipation survie permaculture construction mobilier compost jardin
Après 2 années de service, il n'a pas si mal vieilli!

Stage CEETS N3 sur 1 WE de pluie... après 3 semaines de pluie!
Les instincts primitifs ressortent ;o)


Au potager, une bonne couche de neige recouvrant les végétaux protège du gel. En effet, on retrouve le principe de l'isolation avec l'air emprisonné entre les flocons. En vie et survie dans un milieu enneigé, il ne reste plus qu'à faire de même.

Jardin au repos sous une fine couche de neige

Quinzy, abri de survie formé d'une grosse bute de neige creusée. Celui ci pouvait accueillir 3 personnes.


Enfin, ici, une application hors jardin, mais plus vie et survie en milieu naturel.
Réparer un bouchon de gourde fendu avec le même principe que l'on utilise pour réparer un canoë kayak.
Mais cette fois avec un simple briquet ;o)


réparer, nalgene, survie
Refondre pour souder.

En résumé.

Voilà, apprendre la vie et survie en milieux naturels, c’est un peu comme l’anatomie et la physiologie de la nature, une fois que l’on a compris comment elle fonctionne, et comment nous fonctionnons, quelles sont ses lois, il n’y a plus qu’à jouer avec.


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