lundi 11 novembre 2013

L'abri à hérisson




Hérissons nous!!!

L’une des principales causes de décès de cet auxiliaire des jardins est le manque d’abris dans des espaces verts qui se veulent trop « propres », trop maitrisés. La nature est, par nature, bien faite et équilibrée. Par exemple, les feuilles mortes ne sont pas une plaie inesthétique, mais simplement un terreau en devenir, un des états  de la matière dans son cycle de vie. Une fois absorbées, décomposées par les sols et ses nombreux habitants, il en résulte une richesse de sels minéraux qui « redonneront » vie aux prochaines feuilles le printemps suivant.

Et justement, ces feuilles mortes sont l’abri naturel de bon nombre de nos amis du jardin.

Un simple tas dans un coin, près du compost par exemple, peut permettre à notre cher hérisson de passer l’hiver en évitant de mourir de froid tout simplement. Comment ? Vous n’avez pas encore de compost dans votre jardin !?!

Idéalement, prévoyez des haies paysagères, touffues à la base, des vivaces et des plantes sauvages mi hautes, des points de passage au ras du sol, car même si Mr Boulle de piquant est le champion pour franchir des clôtures grillagées jusqu’à 2 mètre de haut à la tombée de la nuit ou au petit matin tel un voleur repartant avec son butin, un accès de 10 cm par 10 lui facilitera bien la vie.

L’abri étape par étape.


Matériel requis :
_une cagette d’environ 30x40 cm.
_une bâche plastique (de récupération, gros sac poubelle solide, sac de terreau recyclé,…)
_des herbes sèches et, ou des feuilles mortes,…..le tout, le plus sec possible.

Mise en œuvre :
1, Trouvez un endroit dans votre terrain où le hérisson y sera tranquille, un endroit suffisamment protégé des vents dominants et de la pluie. Donc à couvert d’un gros arbre et de buissons touffus, dans une haie ou un roncier. Évitez les creux où l’eau peut stagner en cas de forte pluie, et prévoyez donc un sol plutôt drainant.

2, Aménagez la couche avec des herbes ou feuilles sèches, idéalement par-dessus un « lit » de bois ou branches mortes bien compact et sec.

3, Préparez la cagette en effectuant une ouverture d’environ 10 cm de côté. Éliminez tout risque à son futur hôte de se blesser, par exemple avec les pointes des agrafes comme sur la photo ci-dessous.

A défaut de cagette, vous pouvez aussi construire un abri avec des branches mortes. L’ensemble doit être solide en respectant à peu près les dimensions de la cagette, le hérisson comblera l’espace avec d’autres feuilles mortes que vous aurez laissées au préalable autour de l’abri.


4, Recouvrez l’abri avec un bon tas de feuilles mortes ou d’herbes sèches, environ 30 cm.


5, Puis complétez par la bâche plastique qui sera maintenu par un poids mort tel que buches de bois, pierres, briques….

Enfin, vous pouvez décorer ou camoufler cet abri avec d’autres feuilles mortes, herbes ou brindilles.
Installez-le dès que possible à l’automne, avant les premiers grands froids. Laissez-le en place jusqu’au printemps sans le déranger.
Par la suite il pourra servir d’abri pour la période de reproduction du printemps jusqu'au milieux de l'été. Le nettoyage et le séchage s'effectuera donc en fin d'été pour renouveler l’opération l’automne suivant.
Dans le temps, n'oubliez pas de changer la bâche, ou dans tous les cas ne  l'abandonnez-pas pour éviter toute pollution.

Petite anecdote:


L'année dernière, lors d'une promenade champêtre, j'ai découvert avec horreur un entretien des bordures forestières d'un pré un peu barbare. Les arbres étaient complètement déchiquetés, et les branches explosées comme on peut le voir sur cette photo.

Mais dans tout ça, j'ai surtout vu un gite à hérisson (naturel, je n'avais pas posé d'abris ici) passé à la débroussailleuse. Le résultat est malheureux. L'activité humaine est la principale cause de décès des hérissons. Notons simplement, les anti limaces qui sont aussi de véritables poisons pour eux, ainsi que les coups de fourche dans les tas de feuilles mortes.


Sur cette photo on voit clairement la zone qui servait d'abri aux deux hérissons. Il est donc préférable d'installer des gites bien à l'abri, au cœur des taillis.