vendredi 22 novembre 2013

Nourrir les oiseaux cet hiver!



Mésange charbonnière


La chose est relativement simple, et très distrayante.

Comment s'y prendre?


Avant de se lancer dans cette aventure qui amusera les plus petits comme les plus grands, il faut bien savoir qu’il est indispensable d’être régulier, c’est un petit peu de temps à consacrer par jour, mais tous les jours.
Alors, rassurez-vous quand même, vous pouvez partir en weekend end, si vous prenez les précautions qui suivent.
Il suffit tout simplement de bien approvisionner judicieusement la ou les mangeoires, et de disposer de quelques boules de graisse avant votre départ.
Si vous décidez d’installer une mangeoire, nos amis les passereaux vont en effet devenir un peu dépendant de l’aide que vous allez leurs apporter pour passer l’hiver. Comme le dit si bien Claude Lorpin, un oiseau ne meurt pas de froid, mais parce qu’il n’a pas à manger !
(Voir à ce sujet l'excellent site de Claude Lorpin sur les mangeoires et nichoirs à la page liens du blog )
Alors, je vous l’accorde, cela dépend. Effectivement un passereau résistera mieux au froid si il est bien nourri, mais si le froid est trop intense, on peut retrouver des oiseaux morts malgré tout. Personnellement, je n’ai vu qu’une seule fois cela, c’était en haute montagne, en plein hiver avec des nuits bien en dessous de -10°c. L’oiseau était littéralement gelé sur sa branche.
D’ailleurs, à ce sujet, dans un prochain article, j’expliquerai comment réaliser un ou deux modèles de nichoir, avec les bonnes caractéristiques pour que ces nichoirs fassent aussi des abris efficaces lors des rudes nuits de l’hiver.
Il est tout de même inutile de suralimenter les oiseaux. Attendez que les grands froids arrivent (première gelée, première neige), même si l’envie vous démange, laissez l’automne passer. Si vous êtes un peu observateur, vous verrez les hôtes aériens de votre jardin, nettoyer ce dernier de nombreux petits insectes réfugiés dans les creux des murets et des graines de vos herbes folles !



Érable champêtre Acer campestris sous les premières gelées. 


Pareillement, au printemps, réduisez progressivement le nourrissage, en conséquence du réchauffement et de l’activité des petites bêtes de votre jardin. Cela va vous demander peut être un peu plus d’attention à son rythme de vie, mais quelle joie de s’émerveiller au réveil printanier de la nature, du chant des oiseaux qui change avec les saisons.
Fort de cette expérience, vous allez constater que nos chers passereaux ont globalement des périodes d’activité plus intense. En effet, ils viendront principalement visiter les mangeoires en milieux de matinée  et en début d’après-midi. Parfois en fin de journée aussi, mais c’est moins fréquent.
Donc, avant un départ prolongé, prévoyez un bon approvisionnement avant les heures de pointe ! Et revenez réapprovisionner abondamment, après et juste avant votre départ.

 

Mais que mangent-ils me demandez-vous ?

Ça dépend ! Et oui, certains préfèrent les fruits, d’autres les graines de tournesol, de millet, etc…
Personnellement, je les nourris principalement avec des graines de tournesol.
Évitez les mélanges tout faits, car il y a énormément de gâchis, certains oiseaux, comme les chardonnerets ont la manie de tout trier ! Évitez aussi le pain, quelques miettes de table pourquoi pas, mais pas plus. Cet aliment n’est en effet pas adapté pour la santé des oiseaux.
Soit dit en passant,  le pain n’est pas non plus un aliment adapté pour les canards et les cygnes de nos parcs et rivières. Même s’ils en sont friands et que cela amuse les enfants, cette nourriture ne leur fait pas du bien.
Vos graines doivent être saines, sans pourriture (qui rendrait malade vos oiseaux), et les récipients régulièrement nettoyés ou changés.

Graines de tournesol et boules de graisse (évitez les filets comme ceux de cette photo).

Suspendez quelques boules de graisse, elles feront le plaisir des sitelles et autres adeptes de la tête en bas. Elles seront surtout d’un grand secours quand vos mangeoires seront vides. Mais attention, on sait rendu compte que les boulles de graisse enfermé dans des filets ne sont pas adapté aux oiseaux, ils peuvent leurs causer des lésions. Préférez les boules de graisses maison moulé dans un vieux pot de yaourt avec une ficelle intégré au milieu du pain de graisse pour la suspendre par exemple.
Les gros becs seront de la fête si vous avez pris soin de garder les noyaux de cerise.
Quelques fruits gâtés, pomme, poire, raviront grives et merles.
Un vieil arbre mort laissé sur pied, une vielle souche, ou un tas de bois en décomposition attirera les pics, qui se régaleront aussi des fourmis de votre jardin.
Les graines de tournesol, sur pied si vous les avez semé au printemps, ou en garniture dans les mangeoires feront le délice des mésanges. Celles tombées au sol seront apprécié, des moineaux, pinsons, verdier…
Si toutefois vous optez pour un mélange toutes graines, préférez une mangeoire sous forme de plateau au sol. Mais attention, disposez-le en zone dégagée, bien loin de toute cachette d’approche d’un éventuel prédateur !
Enfin, si vous êtes à l'écoute de la nature et que vous respectez son mode de vie, laissez pousser et mûrir vos herbes, leurs graines sont une base de l'alimentation des oiseaux. De nombreuses poacées (anciennement graminées) ainsi que le chénopode blanc ou encore les graines d'aster, de cosmos ou du mourrons des oiseleur sont très appréciés. Que dire des pissenlits, en salade et soupe pour vos papilles, et les graines pour nos bêtes à plumes colorées! Les chardons et cardère aussi combleront les chardonnerets, enfin le lierre  fournira le gite et le couvert aux troglodytes.
Le compost, un dessous de haie non ratissée, offrira une petite réserve de vers et de larves aux merles et rouges gorge.


Chaîne alimentaire!!!

De nombreuses baies de vos haies arbustives, sont très décoratives, mais fournissent aussi  un garde-manger qui n'est pas indéniable. Alors, maîtrisez une taille raisonnée, de vos prairies fleuries, et arbustes, pour le plus grand plaisir de vos hôtes et de vous même.
Si vous désirez trouver des bons plans de mangeoires, cliquez ici et ici aussi!




lundi 11 novembre 2013

L'abri à hérisson




Hérissons nous!!!

L’une des principales causes de décès de cet auxiliaire des jardins est le manque d’abris dans des espaces verts qui se veulent trop « propres », trop maitrisés. La nature est, par nature, bien faite et équilibrée. Par exemple, les feuilles mortes ne sont pas une plaie inesthétique, mais simplement un terreau en devenir, un des états  de la matière dans son cycle de vie. Une fois absorbées, décomposées par les sols et ses nombreux habitants, il en résulte une richesse de sels minéraux qui « redonneront » vie aux prochaines feuilles le printemps suivant.

Et justement, ces feuilles mortes sont l’abri naturel de bon nombre de nos amis du jardin.

Un simple tas dans un coin, près du compost par exemple, peut permettre à notre cher hérisson de passer l’hiver en évitant de mourir de froid tout simplement. Comment ? Vous n’avez pas encore de compost dans votre jardin !?!

Idéalement, prévoyez des haies paysagères, touffues à la base, des vivaces et des plantes sauvages mi hautes, des points de passage au ras du sol, car même si Mr Boulle de piquant est le champion pour franchir des clôtures grillagées jusqu’à 2 mètre de haut à la tombée de la nuit ou au petit matin tel un voleur repartant avec son butin, un accès de 10 cm par 10 lui facilitera bien la vie.

L’abri étape par étape.


Matériel requis :
_une cagette d’environ 30x40 cm.
_une bâche plastique (de récupération, gros sac poubelle solide, sac de terreau recyclé,…)
_des herbes sèches et, ou des feuilles mortes,…..le tout, le plus sec possible.

Mise en œuvre :
1, Trouvez un endroit dans votre terrain où le hérisson y sera tranquille, un endroit suffisamment protégé des vents dominants et de la pluie. Donc à couvert d’un gros arbre et de buissons touffus, dans une haie ou un roncier. Évitez les creux où l’eau peut stagner en cas de forte pluie, et prévoyez donc un sol plutôt drainant.

2, Aménagez la couche avec des herbes ou feuilles sèches, idéalement par-dessus un « lit » de bois ou branches mortes bien compact et sec.

3, Préparez la cagette en effectuant une ouverture d’environ 10 cm de côté. Éliminez tout risque à son futur hôte de se blesser, par exemple avec les pointes des agrafes comme sur la photo ci-dessous.

A défaut de cagette, vous pouvez aussi construire un abri avec des branches mortes. L’ensemble doit être solide en respectant à peu près les dimensions de la cagette, le hérisson comblera l’espace avec d’autres feuilles mortes que vous aurez laissées au préalable autour de l’abri.


4, Recouvrez l’abri avec un bon tas de feuilles mortes ou d’herbes sèches, environ 30 cm.


5, Puis complétez par la bâche plastique qui sera maintenu par un poids mort tel que buches de bois, pierres, briques….

Enfin, vous pouvez décorer ou camoufler cet abri avec d’autres feuilles mortes, herbes ou brindilles.
Installez-le dès que possible à l’automne, avant les premiers grands froids. Laissez-le en place jusqu’au printemps sans le déranger.
Par la suite il pourra servir d’abri pour la période de reproduction du printemps jusqu'au milieux de l'été. Le nettoyage et le séchage s'effectuera donc en fin d'été pour renouveler l’opération l’automne suivant.
Dans le temps, n'oubliez pas de changer la bâche, ou dans tous les cas ne  l'abandonnez-pas pour éviter toute pollution.

Petite anecdote:


L'année dernière, lors d'une promenade champêtre, j'ai découvert avec horreur un entretien des bordures forestières d'un pré un peu barbare. Les arbres étaient complètement déchiquetés, et les branches explosées comme on peut le voir sur cette photo.

Mais dans tout ça, j'ai surtout vu un gite à hérisson (naturel, je n'avais pas posé d'abris ici) passé à la débroussailleuse. Le résultat est malheureux. L'activité humaine est la principale cause de décès des hérissons. Notons simplement, les anti limaces qui sont aussi de véritables poisons pour eux, ainsi que les coups de fourche dans les tas de feuilles mortes.


Sur cette photo on voit clairement la zone qui servait d'abri aux deux hérissons. Il est donc préférable d'installer des gites bien à l'abri, au cœur des taillis.








jeudi 7 novembre 2013

Faire sa crème de marron



Châtaignes encore vertes, fleur sèche - Castanea sativa
 

 Marron ou châtaigne, telle est la question ? 

Le terme marron prête souvent à confusion. En effet les marrons chauds et autres marrons glacés ne sont pas des marrons, mais des châtaignes.
Cela parait évident, mais après en avoir discuté avec de nombreuses personnes autour de moi, pas tant que ça…
La châtaigne que l’on mange pousse sur le châtaignier (castanea sativa). On rencontre ce bel arbre de la famille des fagacées sur les sols siliceux. Il y en a beaucoup en Haute-Loire, en Isère, en Ardèche et dans la Drôme, mais on le trouve à de nombreux autres endroits. 

Le marronnier (Aesculus hippocastanum) fait partie de la famille des hippocastanacées et est un arbre purement ornemental en Europe et a pour origine le Sud-Est de l’Europe. 
Outre le fait que l’on ne rencontrera jamais de marronnier en forêt, il faut noter que les feuilles et les fruits de ces deux arbres sont très différents. Les feuilles du marronnier sont composées et palmées alors que celles du châtaignier sont simples, ovales allongées et dentées. 
Le fruit du marronnier est une bogue aux piquants grossiers, alors que celui du châtaignier est une bogue hérissée de petits piquants très pointus. 
Les graines contenues dans les bogues sont semblables, mais seule la châtaigne est comestible. Elle est riche en protides, en glucides et en potassium. 
Le marron du marronnier quand à lui contient des saponines, substances toxiques pour l'homme. 

A gauche châtaigne avec sa barbichette, à droite marron
 
Pour ne pas les confondre, on peut voir que la châtaigne a une a une forme arrondie et pointue qui se termine par une petite barbichette, alors que le marron est rond à ovale mais sans barbichette. 

La fabrication pas à pas

Avant de commencer, quelques conseils de base : 
               1/ Ne pas être trop ambitieux : il ne faut pas se leurrer, fabriquer sa crème de marron, lorsque l’on n’est pas un professionnel, c’est long (environ 3h seul(e) pour quelques pots). Il vaut donc mieux commencer par des quantités raisonnables. Si vous êtes seul(e) jusqu’à 1000g de châtaigne non décortiquées soit environ 800g de châtaignes décortiquées, ça passe, mais au-delà, cela devient difficile.
2/ Mieux vaut être plusieurs pour la préparer, mais seul(e) ça se fait aussi à condition de respecter le conseil ci-dessus !         
            3/ Lorsque vous avez ramassé vos châtaignes, faîtes-les d’abord sécher quelque temps dans une cagette. Les résultats sont meilleurs.


 Fendre les châtaignes
Châtaignes fendues prêtes à passer à l'eau

Préférez un couteau à dents, l’opération en est facilitée et moins dangereuse, on évite de riper sur l'écorce lisse et de se blesser.
Cela a plusieurs utilités, tout d’abord, cela permet de faire un premier tri, d’éliminer les châtaignes véreuses et pourries. Celles qui sont pourries ont une odeur particulière un peu acre. 
Et bien sûr, les châtaignes pourront ainsi cuire dans leur coque, tranquillement, et leur peau se ramollira.

Enlever la peau des châtaignes

Châtaignes pelées
 
En vérité, c’est là que se trouve le gros du travail. Vous aurez au préalable mis les châtaignes à bouillir une vingtaine de minutes. 
La peau s’enlève assez bien quand les châtaignes sont chaudes, mais devient de plus en plus difficile à retirer quand les châtaignes refroidissent. Il faut donc les laisser soit à feu très doux, ou sur une plaque électrique ou sur le coin du poêle pour qu’elles ne refroidissent pas. Vous récupérez les châtaignes par petits tas dans un bol, et vous pouvez ainsi tranquillement enlever cette peau. 
Le travail est long, pour avoir 800g de châtaignes nettoyées, comptez quasiment 3 heures si vous êtes seul(e).  

Faire le sirop de sucre
Pour 1000g de châtaignes, j’utilise environ 500g de sucre.
Normalement, un sirop de sucre c’est 500g de sucre pour 125g d’eau, donc un rapport ¼.
Je préfère pour ma part faire un sirop moins sucré car la châtaigne est déjà riche en sucres. Je fais donc un rapport ½ soit pour 500g de sucre environ 250g d’eau.
Versez le sucre et l’eau dans une casserole et mélangez régulièrement jusqu’à ce que le sirop commence à bouillir. 

Terminer la cuisson de la crème de châtaignes

Châtaignes pellées dans le sirop de sucre avant le mixage



 


Châtaignes mixée dans le sirop de sucre avant cuisson

 

















Ajoutez les châtaignes épluchées dans le sirop, les mixer avec un mixeur plongeur et les cuire à feu très doux en remuant presque constamment pendant au moins 20 minutes.
La consistance de la crème de châtaigne doit être un peu visqueuse, mais suffisamment liquide pour remplir facilement les pots. 


Crème de châtaigne prête à la mise en pot
Si elle n’est pas assez liquide, des trous d’air se formeront dans les pots, et la crème de châtaigne risque de moisir. Croyez en mon expérience, ce n’est vraiment pas agréable. 
La mise en pots
Ébouillantez les pots, puis remplissez-les en vérifiant bien qu’il n’y ait pas de bulles d’air restantes. Rebouchez les pots et retourner-les. 
Ainsi, les pots peuvent se conserver plusieurs mois. Il est quand même préférable de les consommer rapidement.



Récompense suprême : faisselle de chèvre à la crème de châtaignes que vous avez préparée vous-même et feuilles de mélisse fraiches.