samedi 24 août 2013

La Bretagne - Une richesse végétale insoupçonnée

 



Côte sud de l'Ille et Vilaine

 

Une flore très diversifiée

S'il y a une chose qu'il est difficile de faire en Bretagne ou en Loire atlantique lorsque l'on connaît un tant soit peu les plantes sauvages comestibles, c'est d'être affamé! Loin de moi l’idée de vous présenter toutes les plantes comestibles de cette région, il y a des livres très bien faits pour ça, mais mon objectif est de vous donner l’envie de vous pencher un peu plus sur les plantes du littoral.
Outre les algues, avec lesquelles mille et un plats sont à concocter, on connaît bien souvent moins les plantes de l’Estran ou les plantes de bord de mer.

Les algues

Pour aller cueillir les algues, il faut absolument avoir un calendrier des marées. Certaines algues poussent assez loin sur les rochers immergés en partie, et il n’est possible de les cueillir qu’à marée basse, bien sûr, mais aussi quand les coefficients de marée sont très élevés, et donc quand la mer se retire plus loin.
C’est par exemple le cas pour les haricots de mer (Himanthalia elongata), une algue brune qui ressemble à des tagliatelles vert sombre. Cuits à la vapeur, et avec un peu d’huile d’olive voire d’ail pour les amateurs, ils sont excellents.




Cueillette des haricots de mer - himontalia elongata

Beaucoup d’autres algues sont comestibles comme la laitue de mer (Uva lactuca), une algue verte très fine ou la lorencia (Lorencia pinnatifida) algue rouge très ramifiée aussi appelée poivre de mer, et qui fait de très bons canapés.
Pour une première approche avec les algues, il existe des associations qui proposent une découverte de ce milieu et même des ateliers cuisine, par exemple vers la pointe de Pen Bron.

Les plantes de l'Estran

Sur les bords de mer, l'estran se trouve entre les limites des plus hautes et des plus basses marées. Il est donc logique d'y trouver des plantes très particulières et différentes des algues et des plantes de bord de mer.
Ce sont des plantes qui peuvent supporter une immersion assez longue (le temps de la marée haute) et une absence d'eau assez longue (le temps de la marée basse). Ces plantes ont toutefois toujours les pieds dans l'humidité car le sol où elles vivent est un mélange de sable et de boue.
Il est d'ailleurs conseillé de porter des bottes pour en faire la cueillette!
Vous pourrez les déguster crues ou cuites à la vapeur avec un petit filet d’huile d’olive, et éventuellement du citron.
Vous avez certainement déjà entendu parler des salicornes (salicornia sp.), qui se dégustent aussi bien cuites que crues. Ce sont de petites plantes annuelles, charnues qui ressemblent à de petits tubes verts avec des articulations. On les trouve plus souvent en conserves au vinaigre, mais elles en perdent leur saveur. Il est donc plus avantageux et savoureux d’aller les cueillir vous-même.



Salicornes - Salicornia sp.

Les obiones faux pourpier (Halimione_portulacoides) se présentent comme de petits buissons au ras du sol et comme leur nom latin l’indique, ils ressemblent au pourpier de nos jardins.




Obione faux-pourpier - Himantalia portulacoides

Les oreilles de cochons (Aster tripolium) sont de petites touffes aux feuilles plus ou moins elliptiques.



Oreilles de cochon - Aster tripolium

Toutes ces plantes se consomment crues en salade et en mélange ou cuites.

Les plantes spécifiques de bord de mer

Les plantes de bord de mer on bien souvent une saveur salée, mais pas seulement.  

La criste marine (Critmum maritimum), plante qui tapisse les bords de mer se plait bien sur les rochers et se trouve très facilement. Sa saveur très forte et parfumée égayera vos carottes rappées, ou fournira un très bon tartare.




Criste marine en fleurs - Critmum maritimum

Les feuilles des buissons d’arroche (Atriplex halimus) se dégusteront très bien cuites à la vapeur, avec de l'huile d'olive et du citron pour des entrées savoureuses.




Arroche marine - Atriplex halimus

 

Vous trouverez également sur les bords de mer, l’ancêtre de la betterave rouge, la bette maritime (Beta vulgaris subsp. Maritima) dont la saveur rappelle celle des côtes de blette avec laquelle vous ferez d’excellents gratins.




Bette maritime - Beta vulgaris subsp. maritima
Ne manquez pas également le maceron (Smyrnium olusatrum) avec son goût prononcé, de la même famille que le céleri pour faire gratins et tartes. Cette plante est aussi une des "bêtes noires" des paludiers, car en saison, les fruits recouvrent une partie des eaux des marais salants.




Maçeron - Smyrnium olusatrum

 

Les plantes traditionnelles dans les terres

Outre les plantes traditionnelles que l’on retrouve partout, on trouvera en plus dans les prairies et les talus des plantes qui aiment l'humidité même si ce ne sont pas des plantes spécifiques à la Bretagne ou la Loire Atlantique, telles le nombril de vénus (Umbelicus rupestris) qui vient s’ajouter à vos salades avec ses feuilles charnues et peltées, ou les angéliques (Angelica sp.) avec leur parfum subtil.




Angélique - Angelica sp.





Nombril de vénus en fleurs - Umbelicus rupestris

La plante à ne pas déguster : l’Œnanthe safranée

Vous rencontrerez l’œnanthe safranée (Oenanthe crocata) un peu partout dans les terres principalement. Cette plante qui est parfois malheureusement confondue avec le panais ou d’autres plantes de la famille des apiacées (par exemple le persil ou le céleri), elle est très toxique et peut être mortelle.




Œnanthe safranée feuilles - Oenanthe crocata





Oenanthe safranée racines - Oenanthe crocata




La confusion vient de ses parties souterraines qui sont prises pour des navets ou des panais. Et ce sont précisément ces parties souterraines qui sont le plus toxiques.



Coupe racine oenanthe safranée
 (points orangés caractéristiques)

Toutefois, on peut vite écarter le doute en coupant une racine en deux. Au bout de quelques secondes de petits points oranges apparaissent certifiant qu’il s’agit bien là de l’œnanthe safranée à ne surtout pas consommer, car les conséquences en seraient tragiques.