dimanche 28 juillet 2013

Comment faire de l'étoupe de coton?


 

Qu’est-ce que c’est ?

L’étoupe de coton est tout simplement du charbon de coton si je puis dire.


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Coton carbonisé (char cloth).

C’est donc un succédané d’amadou très efficace !

 

Pourquoi l’étoupe ? Avantage et inconvénient.

Cette méthode s’applique plus sur un mode de vie en nature ou en bushcraft, mais elle est plus délicate en survie, car il faut déjà avoir du feu, et quelques autres éléments.
L’avantage, c'est que cette méthode permet de faire un amadou efficace qui permet un entretien du feu sur le long terme, car très facile à allumer.
Il existe bien d’autres méthodes telles que le bois gras ou le bois en décomposition, cependant l’avantage du coton carbonisé, c’est son efficacité à démarrer une braise avec peu de chaleur. En effet, un peu comme l’amadouvier, il prend très bien les étincelles et à un niveau d’ignition très faible.

Comment en réaliser ?

C’est assez simple, mais comme je l’ai dit plus haut, il faut déjà posséder du feu ou une source de chaleur conséquente, de plus il vous faudra une boite en fer fermée et enfin, un peu de coton ou de lin.
Premièrement, découpez des carrés de coton (100% coton) dans un vieux drap, t-shirt, etc….


coton carbonisé,survie, bushcraftDéposez-les dans la boite sans toutefois les comprimer, inutile de charger la boite.
Dans le couvercle de cette dernière, effectuez un petit trou à l’aide d’un clou par exemple, ou toute autre pointe permettant par la suite d’insérer une cheville en bois dans l’orifice ainsi formé.

Refermez la boite, et placez-la au milieu d’une bonne source de chaleur telle qu’un bon lit de braise.
Effectuez cette opération, dans un foyer fermé, comme un poêle à bois, ou en extérieur, car les gaz et fumées produits lors de la carbonisation sont, dirons-nous, très odorants.
Une fumée et des gaz vont donc se former et s’échapper par l’ouverture, ces gaz d’ailleurs qui vont s’enflammer sous la chaleur ne sont pas inquiétants.

Après l’évacuation des gaz et fumées, retirez la boite du feu sans vous bruler, et déposez la dans un lieu sans danger. Dans le même temps, refermez l’orifice de la boite avec une petite cheville de bois.

Laissez refroidir.

 

Petit retour d'expérience avec le temps!

Il n'est pas nécessaire de faire un trou pour l'échappement des gaz si votre boite est du même ordre que celle sur les photos, boite à thé, boite à bonbons, etc...
En effet, ces boites ne sont pas hermétiques et laissent donc s'échapper suffisamment les gaz. Ainsi, l'opération en est simplifiée. Plus besoin de cheville de bois et de petit trou.
Autre astuce, j'ai expérimenté de petits contenants tels que la petite boite jaune qui fait "tchic-tchic" quand on la secoue. Résultat très concluant, car elle résiste bien à la chaleur et elle ne prend quasiment pas de place dans le fond d'une poche. Avec du coton carbonisé, cela fait une petite réserve suffisante pour démarrer quelques feux.
Enfin, adepte depuis toujours du bois en décomposition, ceux qui m'ont croisé lors des stages ou des salons de présentation le savent bien, j'ai fait différents tests de carbonisation avec divers matériaux naturels, et le bois pourri est vraiment un must pour créer une braise. Conjugué avec la petite boite jaune qu'il suffit de recharger à chaque fois que l'on fait un feu, car elle peut contenir juste de quoi allumer un ou deux feu (avec du bois pourri, un peu plus avec du coton), le bois en décomposition carbonisé est un amadou naturel sur le long terme par excellence.

 

Comment l’utiliser ?

Avant tout, comme tout amadou, protégez le bien de l’humidité.
Il convient de préparer en premier votre foyer. Ensuite un nid de copeaux bien fin, bien sec, et ou d’herbes sèches pour accueillir la future braise.
On utilise pour l’exemple un briquet acier silex.



étincelle, briquet acier silex
étincelle, briquet acier silex















technique de survie, première braise avec une étincelle, survie


Une fois la braise obtenue, renforcez, augmentez la si nécessaire, avant de la placer dans le nid d’herbes sèches.
Soufflez comme il se doit, et dès l’obtention de la première flamme, transférez là dans votre foyer.
Et voilà !

Salon des Minéraux et Bien être Tassennières 6ème édition






Pour notre part, nous vous présenterons nos activités sur 2 stands côte à côte.

Emilie vous fera découvrir les plantes, notamment la Cuisine Sauvage avec les plantes que nous côtoyons sans les connaître, mais aussi d'autres utilisations moins connues.

Nicolas vous contera l'histoire du feu et tout ses mystères, et vous parlera de la vie dans la Nature.

Quelques photo de la précédente édition sont disponible sur cet article. Nous serons cette fois en extérieur dans un cadre bucolique.
Suite à cette 6ème édition, quelques photos et un article de journal:













lundi 15 juillet 2013

Réparations, modifications et entretien du poncho

 

 Optimisez les attaches œillets par des sangles

Les œillets, bien pratiques pour les sardines ou pour fixer de la cordelette ont l’inconvénient de fragiliser la toile. En effet, lors de la pose d’un œillet, un trou est formé dans le tissu, ce qui avec le temps et l’utilisation fini par déchirer ou abimer le poncho.
Pour remédier à cela, il est préférable de modifier le poncho en enlevant les œillets et les remplacer par des boucles avec des sangles.
Idéalement, on y fixera une partie élastique qui servira à tendre la toile, pour optimiser ses performances, et aussi d’amortisseur lors d’efforts importants notamment quand il y a des bourrasques de vent. On pourra utiliser à cet effet des élastiques de toile de tente vendus au détail, ou récupérer une chambre à air de vélo dans laquelle on découpera des élastiques!

 Pour ajouter des sangles vous aurez besoin:
_d’une bonne paire de ciseaux.
_de quoi coudre (machine à coudre ou aiguille et fil)
_un peu de sangle, achetée au mètre (les magasins spécialisés en escalade sont très bien achalandés) ou en récupération sur de vieux sac à dos.







Voici les modifications en photo, étape par étape :

Premièrement, défaites les œillets, personnellement, j’attends qu’ils aient un peu vécu en les surveillant, afin d’intervenir avant que la toile ne soit endommagée.



Ensuite, découpez les sangles à la longueur désiré, attention, n’hésitez pas à les faire un peu plus longues pour qu’elles prennent bien sur le tissu. Passez une flamme de briquet pour fondre le bout et éviter à la sangle de s’effilocher.










Commencez la couture comme sur les photos qui suivent. 


 


Rabattez comme indiqué.


Réimperméabilisez un poncho en nylon

(Merci Peyo! cf. www.randonner-leger.org ).
Vous aurez besoin :
_De silicone transparent utilisé pour étanchéifier les bords de baignoire, lavabo et évier.
_D’un pinceau.
_D’un bocal de récupération pour le mélange.
_De white spirit.


Voici en photo, étape par étape :

Diluez dans le bocal du silicone avec du white spirit intégré progressivement pour obtenir un mélange onctueux, ni trop liquide, ni trop épais, que vous pourrez facilement étaler au pinceau.




Dans un lieu bien aéré, étendez sur une surface propre et exempte de poussières le poncho et étalez le mélange au pinceau. Laissez sécher en aérant bien le local plusieurs jours, jusqu’à ce que l’enduit soit sec.

Enfin, petit conseil d'entretien courant: Bien sécher le poncho avant de le ranger!

Retrouver aussi notre articles sur les ponchos!





lundi 8 juillet 2013

Une saveur vanillée : Le Mélilot

Une plante courante et pourtant inconnue




Mélilot blanc - Melilotus alba
En matière d'arôme, notre société est très habituée à la vanille et au chocolat qui se trouvent très tôt dans les desserts et autres préparations infantiles.
Difficile d'y échapper donc! Même si le principal problème pour ces arômes est leur provenance lointaine et tout ce que leur culture et importation implique pour les populations locales et l'environnement.
La nature étant bien faite, nous avons nous aussi autour de nous des plantes dont la saveur suave rappelle celle de la vanille. Je dis bien rappelle, car ce n'est quand même pas le même goût.
Le mélilot (mélilotus sp.) fait partie de ces plantes. Il fait partie de la famille des fabacées (anciennes papillonnacées), au même titre que les petits pois ou que la luzerne par exemple. Le nom de la plante à pour origine la langue grecque, "méli" signifie "miel", et "lôtos" est le nom de la plante. On a tout de suite une idée de la saveur de cette plante!
Comment le reconnaître
Il existe plusieurs espèces de mélilot dont les principales sont le mélilot officinal (melilotus officinalis) et le mélilot blanc (melilotus alba). On les différencie par la couleur de leurs fleurs qui sont jaunes pour le mélilot jaune et blanches pour le mélilot blanc.
Comme beaucoup de feuilles de leur famille (fabacées), elles sont composées avec 3 folioles (trifoliées) ovales et un petit pétiole (tige), elles sont en outre alternes. Les folioles sont dentées.

 

Détail d'une feuille trifoliée

La plante peut atteindre 1.80m de haut environ.
L'inflorescence est une grappe pendante et étroite avec une cinquantaine de fleurs longues de 5 à 7 millimètres. Comme évoqué plus haut, la couleur de la fleur déterminera l'espèce. On trouvera les mélilots en fleur de juin à août, et même jusqu'à l'automne pour le mélilot officinal.



Fleurs blanches du mélilot blanc - Mélilotus alba




Fleurs jaunes du mélilot officinal - Melilotus officinalis

Le fruit est une gousse plus ou moins longue, souvent ovoïde qui contient des graines (de 2 à 8 selon les espèces) et devenant jaunes à noires à maturité.
Il existe encore d'autres espèces de mélilot qui se différencieront par leur fruit ou la taille des fleurs. Cela ne porterait pas à conséquence puisque tous les mélilots ont les même caractéristiques.

On trouve les mélilots dans les chemins, les décombres et les friches jusqu'en montagne.  



D'où vient sa saveur?
Au premier abord, si vous goûtez des feuilles de mélilot, vous ne retrouverez qu'une amertume marquée, et ce plus ou moins forte selon la maturité de la plante.
On doit la saveur particulière du mélilot à la coumarine. Elle ne pourra s’exprimer qu’en séchant la plante au préalable.
Il a des propriétés sédatives, antispasmodiques et diurétiques.  
Utilisations
On peut consommer les toutes jeunes feuilles, leur amertume n’est alors pas trop forte.
Pour utiliser le mélilot pour aromatiser vos desserts, il vous faudra le faire sécher après cueillette, puis le réduire en poudre. Vous pouvez cueillir la plante entière, et après séchage récupérer les feuilles et les inflorescences pour les réduire en poudre.



Séchage du mélilot


Vous utiliserez ensuite cette poudre pour aromatiser vos préparation, dans les gâteaux, les crèmes,  les flans, les boissons… Vous trouverez d'ailleurs la recette du fiadone, une spécialité corse dans un article à ce sujet dans le blog (voir "Plantes de Corse") aromatisé au mélilot.
Attention toutefois de ne pas avoir la main trop lourde ! Par exemple pour un gâteau au yaourt aromatisé au mélilot, 1 cuillère à soupe suffit pour les papilles sensibles !
Trop de poudre de mélilot rendrait votre dessert un peu fort, et certains pourraient trouver votre dessert entêtant !