mercredi 19 juin 2013

Le Poncho en survie!


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Poncho monté en abris semi ouvert.



Simple bâche plastique de récupération, produit high tech aluminé issu des "inventions spatiales"? ou encore poncho en sil nylon, le poncho, surface étanche polyvalente est l’un des objets bien pratique pour toute activité nature.

Des origines de l’homme à nos jours :

Les premiers « ponchos » si on peut les appeler ainsi on sûrement été de simples peaux de bête utilisées aussi bien comme couvertures, bâches improvisées, tapis de sol, récipients, etc…
Depuis la préhistoire les capes, nattes ou couvertures végétales tressées ont elles aussi été largement utilisées comme celle retrouvé sur Ötzi "l'homme des glaces" vieille de 5300 ans.


Début XXème siècle, paysans japonais vêtus de leurs "mino", cape végétale.

Suivant les ressources du milieu, elles seront confectionnées avec les fibres du liber de saule ou de tilleul, ou encore en paille, paille de riz, feuille de palme, etc...
On la retrouve un peu partout de par le monde aussi bien au Japon jusqu'au début du XXème siècle, en paille de riz généralement, ou encore par les bergers Portugais dans leurs vêtements traditionnels.
Mais encore aux Philippines, en Amérique du sud et en Asie globalement.
Dès l'Antiquité,  Grecs et Romains confectionnaient des capes de laines à la trame serrée contre les intempéries.
Et au XIIIème siècle en Amazonie les indiens utilisaient la sève de caoutchouc pour imperméabiliser leurs vêtement.
Enfin, les toiles enduites telles que les capes de coton huilé utilisé notamment par les bergers pyrénéens ou les toiles des premiers cirés marin enduite d'huile de lin ont été largement éprouvé et sont de très bonnes surfaces étanches.
Elles permettaient d’être relativement protégé des intempéries, vent, pluie, neige, et de garder un peu de chaleur corporelle.
Enfin en 1823 fut inventé, par un écossais, un tissu imperméable composé de deux pièces collées par un vernis à base de dissolvant et de caoutchouc.
De nos jours, les matières synthétiques ont quasiment tout remplacé. Des tissus caoutchoutés au fameux sil nylon (nylon siliconé) en passant par les membranes respirantes comme le gore tex, chacun ont leurs avantages et inconvénients. Seules les cotons longues fibres appelés coton de Grenfell tel que le ventile sont encore naturels et imperméables.
Il existe aussi des toiles de coton enduites ou dont les fibres sont « gainées » de silicone, comme le coton epic.

Son utilité :

Là encore la limite sera donnée par le matériau et par notre imagination. Mais avant d’en épuiser les ressources, la bâche ou poncho nous aurons rendu un nombre incalculable de services.
Avant tout c’est une toile imperméable, mais attention, qui n’est pas toujours respirant, ce qui a pour effet dans ce dernier cas de retenir la transpiration contre nous, et de finir par nous mouiller de l'intérieur, mais nous mouiller chaud, dés le moment l'on ferme toutes les écoutilles. Donc elle permet de dévier ou contenir un liquide, je dirais même un fluide, car cela fait souvent aussi un fort coupe-vent.
Sa fonction première est donc de se protéger des précipitations et du vent, en imperméable sur soi, ou en abri, lorsqu’il est monté dans cette fonction. Ainsi protégé, on évite de perdre nos précieuses calories, indispensables au bond fonctionnement de notre premier outil, notre corps! La position de survie fait des merveilles pour ça.

stagiaires stage survie UnisVersNature, poncho
2 Stagiaires heureux d'être sous la pluie!


Mais toute bâche ou tarp pourra servir à transporter feuilles mortes, branchages en grande quantité, herbes sèches...
On peut la plier correctement et avec ou sans bâton, réaliser un brancard, voir un lit, une mini tente canadienne. Et suivant les matériaux du terrain de jeu, y incorporer un tapis de sol.
On pourra encore l'utiliser comme récupérateur d'eau (attention tout de même à son revêtement qui peut "polluer" l'eau ), découper des lanières dans la matière pour servir de "cordelette", utile à la réalisation d'un abri, réparer du matériel, confectionner un sac à dos... Refermée autour de soi (à la taille) et garnie de feuilles mortes sèches, on aura un anorak relativement chaud. Certains en font même un radeau!


Quelques différents modèles avec leurs spécificités:

Poncho BW : le poncho de l'armée allemande est réputé indestructible, sa robustesse est proportionnelle à son poids (autour des 900g).

Poncho de l'armée hollandaise: mon préféré! Relativement léger (environ 600g) et costaud (en nylon). Pour l'avoir trainé partout dans plein de conditions différentes (abri dans tous les sens, neige, gèle, brancard,...), en le réimperméabilisant au silicone et en en prenant soin il a toujours bien tenu la route.

Poncho de l'armée hollandaise monté pour renforcé un abris naturel.


Couverture de survie : Légère et conçue pour garder la chaleur corporelle en renvoyant théoriquement 80% des infrarouges émis par le corps (comptez plutôt la moitié), elle est aussi coupe-vent et un très bon moyen de signalisation. Cependant, évitez les modèles bas de gamme ultraléger, ils sont très fragile et ne servent qu'une fois, et encore, il faut savoir comment les utiliser. Préférez les modèles autour des 200g pour 1.40m x 2.20m environ.
Poncho sil nylon : léger et solide, c’est le poncho privilégié par beaucoup, il est possible de le ré étanchéifier avec un mélange de silicone (silicone transparent utilisé pour étanchéifier les rebords de baignoire, lavabo et évier) et de white spirit, tous les conseils sont ici, (Merci Peyo! cf. www.randonner-leger.org ). Son inconvénient est qu’il a tendance à légèrement se détendre avec la pluie (prévoir des bouts de chambre à air ou des tendeurs).
Space blanket : Différentes couches de feuilles, aluminées, plastifiées et isolantes composent cette couverture relativement solide et polyvalente. C’est un pare soleil ou couverture de survie  de luxe.



protection rapide avec une couverture de survie, space blanket
Space blanket utilisé en abris de survie.

protéger un blessé en survie

Sac poubelle 100 litres : bien plié il prend peu de place, le moins cher et le plus facile à trouver. Très polyvalent de par sa forme originelle de sac et la limite de notre imagination, ce sac sert d’abord de récipient étanche pour récupérer et transporter de l’eau ou toutes autres choses. On peut très facilement le transformer en poncho ou bâche pour renforcer un abri. Utilisé pour dépanner dans de multiples situations telles que sur sac de sac à dos, isolant lorsqu’il est garni de feuille ou d’herbe sèches, il trouvera sa place en fond de sac ou dans tous les coffres de voiture.
Bâche de récupération : bâche de chantier, bâche d’emballage de palette ou autre conditionnement, la bâche de récupération est avant tout intéressante parce qu’elle ne coûte rien. J’ai personnellement souvent un morceau de bâche plastique d’emballage de moins d’un mètre carré ou un sac poubelle dans le fond de mon sac. Isolant de l’humidité du sol et ou de la pluie lors de bricolage d’abris improvisé, sac pour les cueillettes de plantes sauvages etc… Je trouve toujours ce carré étanche très pratique.
Pare soleil : C’est sûrement le meilleur compromis qualité prix, une sorte de couverture de survie à un prix imbattable. Offrant légèreté, surface relativement intéressante (suivant la taille choisie), étanchéité avec un isolant réfléchissant la chaleur corporelle (lors de températures basses) ou simplement permettant une bonne protection du soleil par son effet réfléchissant!
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Pare soleil utilisé en survie. Remarquez comme la partie aluminé, ici tournée vers l'extérieur, permet d'être bien visible pour les secours en réfléchissant la lumière comme des miroirs.

Vous l'aurez compris, une surface étanche est un outil fort important en pleine nature, car il nous protège bien du vent et des précipitations, comme une couche de peau supplémentaire!

space blanket signalisation signaux survie
Space blanket abritant un blessé immobilisé à secourir. Encore une fois le contraste avec le fond lui permet d'être repéré de loin.

Pour finir, un petit clin d'œil aux origines du poncho, une cape végétale réalisée avec des poacées et para corde dans un atelier survie.
abri végétal en survie

dimanche 9 juin 2013

Le robinier faux acacia - dit "Acacia"

 



Robinier faux acacia - robinia pseudoacacia

Pourquoi faux acacia?
Cet arbre que l’on rencontre couramment sur les bords de route ou de rivière et qui est très reconnaissable par ses fleurs odorantes, n’est en réalité pas un acacia. Les « vrais » acacias sont plutôt semblables à des mimosas, il en existe plus de 1500 espèces.
Le robinier faux acacia et les acacias font toutefois partie de la même grande famille, les fabacées, anciennement papilionacées ou légumineuses donc de la même famille que les haricots, les lentilles...


Caractéristiques du robinier
Détail de fleur du robinier
Le robinier faux acacia (Robinia pseudoacacia) est un arbre qui peut atteindre jusqu’à 30 mètres. Ses jeunes branches sont épineuses. Les feuilles sont composées avec un nombre impair de folioles ovales soit imparipennées (de 9 à 19 folioles).
Les fleurs très reconnaissables par leur odeur suave apparaissent normalement début mai, et se composent d’une grappe de fleurs blanches dites zygomorphes (avec un seul axe de symétrie). Elles sont très mellifères.
Le fruit est une gousse verte puis brune de 7 à 12 cm de long et subsiste après la chute des feuilles.
Il ne faut pas confondre le robinier faux acacia avec le cytise aubour ou cytise à grappes (Labornum anagyroides) avec ses belles grappes de fleurs d'un jaune d'or. Toutes les parties du cytise sont très toxiques. La confusion est toutefois difficile vu la différence de couleur des fleurs.

Attention à la toxicité de cytise ! - Labornum anagyroides


 

 

Idée recette - la tarte aux fleurs de robinier
Tarte avant cuisson
Les fleurs de robinier sont comestibles. Les écorces, les feuilles et les gousses contiennent des substances toxiques pour l’homme, notamment de la robine et de la robinine.
On peut tout de même consommer les toutes jeunes gousses après cuisson, elles rapellent le haricot vert.  
Il est possible de consommer les fleurs crues, elles sont sucrées et ont un goût agréable. Une consommation excessive peut toutefois être émétique (provoquer des vomissements), sans que cela soit dangereux.

Les grappes de fleurs en bouton peuvent être cuites à la vapeur et mangée comme des petits pois dont elles ont le goût.

Les grappes fleuries sont bien souvent consommées en beignet, mais ce n’est pas la seule utilisation.
Le goût des fleurs ressort toutefois très bien lorsque qu’elles sont dégustées en tarte. Voici une recette simple à réaliser.

Ingrédients :
Deux bonnes poignées de fleurs d’acacia (pour couvrir le fond de tarte)
3 œufs
½ litre de lait de riz
La moitié d’une brique de crème de soja
2 cuillères à soupe de sucre

Etaler la pâte dans le plat à tarte.
Dans un bol, battre les œufs, ajouter la crème de soja, puis le lait de riz et le sucre. Bien mélanger.
Disposer les fleurs sur la pâte.
Verser le mélange sur l’ensemble de la tarte.

Mettre au four pour une vingtaine de minutes à 180°C (thermostat 7) jusqu’à ce que le mélange ait pris.
Servir froid.

Tarte prête à être dégustée







dimanche 2 juin 2013

Plantes de Corse



Une île étonnante



Vue des callanques Corse du sud



Côte escarpée de granit rose


Je suis revenue il y a peu d'un petit séjour en Corse, et bien que comme partout le temps n'était pas très fameux, j'y ai découvert beaucoup de merveilles.

Une des particularités de la Corse (outre le fait que c'est une île!) est de pouvoir trouver des plantes très diverses en faisant peu de chemin. Il suffit de changer de versant ou de monter un peu en altitude, ou bien tout simplement de s'approcher du bord de mer pour trouver des plantes très différentes.

En effet, j'y ai découvert des plantes typiquement méditérannéennes, d'autres que l'on peut trouver au bords de tous nos rivages, d'autres enfin que vous pourriez trouver en basse et même en haute montagne.
Une autre caractéristique est que la plupart des végétaux corses ont le feuillage persistant, ceci est assez surprenant car le feuillage ou l’absence de feuillage est souvent un marqueur de saison. J’ai par exemple été surprise de voir des châtaigniers sans feuilles (que j’ai crus morts), car tout était vert autour d’eux, et les bourgeons des châtaigniers n’avaient tout simplement pas débourré !

Plantes typiques corses


Le pin Larissio (Pinus nigra spp. Larissio)



Détail écorce pin larissio (Pinus nigra spp. larissio)




Pinède de pins larissio (Pinus nigra spp. larissio)

Ce pin ressemble beaucoup au pin noir, c’est est une sous espèce. Il diffère du pin noir par son écorce sur les grands sujets qui fait comme des écailles.
Ces feuilles ne mesurent pas plus de 12 cm et ses cônes, pas plus de 10 cm.
D’autres espèces de pin plus communes sont également présentes, comme le pin d’Alep (Pinus halepensis) qui a été naturalisé, pin maritime (pinus maritimum spp. Hamiltonii) ou le pin parasol (pinus pinea).

Le myrte (Myrtus communis)

 


Rameau de jeune myrte (Myrtus communis)
- Photo L. Stubbe

L’alcool de myrte est un traditionnel de la Corse. On peut toutefois utiliser cette plante au feuillage persistant de nombreuses manières. Ses feuilles sont opposées, ovales, brillantes, comme vernies. Les fleurs blanches à 5 pétales apparaissent de juin à octobre. Son odeur au froissement des feuilles est agréable et fait penser à de l’encens.
Son bois sec fait d’ailleurs un très bon encens
Ce sont les fruits qui sont utilisés pour faire l’alcool de myrte.
Les feuilles font toutefois une très bonne infusion et peuvent aromatiser des plats dont nous aurons un exemple plus bas
Le myrte a des vertues toniques, astreingentes et antiseptiques.

Le pistachier lentisque (Pistacia lentiscus)

 


Rameau de pistachier lentisque fleuri (Pistacia lentiscus)

Il est très reconnaissable avec ses feuilles opposées et composées avec des folioles ovales et paripennées (nombre pair de folioles sur une feuille). Les feuilles sont d’un vert foncé intense, elles sont persistantes et dégagent au froissement une odeur forte mais agréable.
Son huile essentielle a d’ailleurs des propriétés décongestionnantes et antispasmodiques.
On tire du pistachier lentisque un mastic que les anciens utilisaient pour faire du chewing gum.
Ses petits fruits rouges, puis noirs sont comestibles, bien qu’il faille être patient.

L'arbousier (Arbutus unedo)

 


Arbousier avec petits fruits verts (Arbutus unedo)

Fruit mature en automne visible en même temps que les fleurs


Fleurs arbousier

L’arbousier est l’un des rares arbres sur lequel on peut trouver en même temps, les fleurs (blanc verdâtre), et les fruits mûrs. Au printemps, point de fleurs, mais on peut voir les fruits verts en grappe.
Ses feuilles sont alternes finement dentées vertes foncées et luisantes au-dessus et vertes pales en-dessous.
Les fruits se consomment en automne. A maturité, il sont rouges orangés et sont bourrés de vitamine C. Les graines sont indigestes et provoques de petits soucis intestinaux en cas de trop grande ingestion. Pour éviter les problèmes, il faudrait ne manger que la pulpe et recracher les graines.
Sinon, vous pouvez en préparer de bons jus en les passant au moulin, ce qui éliminera les graines tout en conservant la vitamine C.

La bruyère arborescente (Erica arborea)

 


Détail rameau fleuri de bruyère arborescente
(Erica arborea)- Photo L. Stubbe

Imaginez une bruyère blanche qui pousserait pour atteindre la taille d’un arbre. Eh bien, c’est le cas de cette belle demoiselle, la bruyère arborescente avec ses petites fleurs blanches délicates semblables à des clochettes.
Les anciens l’utilisaient pour fabriquer des balais.
Elle donne une jolie touche florale parmi les feuillages verts foncés persistants du printemps.

 

Dessert corse à réaliser: Le fiadone

Lors de mon séjour, nous avons cuisiné les plantes trouvées sur l’île dans diverses recettes, et j’ai pu faire la connaissance avec un dessert typiquement corse, le fiadone.
C’est un dessert frais et savoureux fait à partir de bruccio ou brousse de brebis ou de chèvre.
Le bruccio est aromatisé avec diverses saveurs dont le myrte. Mais on peut en trouver au citron ou à l’anis par exemple. Nous l’avions aromatisé au mélilot avec sa saveur vanillée de coumarine.

Ingrédients :
500g de bruccio ou de brousse
5 œufs
Sucre selon les goûts
Poudre de mélilot (voir à ce sujet l'article sur le Mélilot) ou autre arôme (anis, myrte, zests de citron…)
Pâte brisée très fine

Ecraser le bruccio dans un saladier à l’aide d’une fourchette, ajouter l’arôme et mélanger.
Dans un saladier à part, fouetter les œufs avec le sucre pour obtenir un mélange mousseux
Ajouter le bruccio à la préparation et mélanger pour obtenir une pâte onctueuse et bien homogène.
Etaler la pâte, et verser la préparation dessus.
Enfourner à four chaud (thermostat 7 – 180°C) et laisser cuire environ 30 minutes, jusqu’à ce que le fiadone soit bien doré.
Servir froid.