dimanche 26 mai 2013

Carte postale de Drôme - mai 2013

Nous profitons d'un petit séjour et de quelques rayons de soleil (si je vous jure!) en Drôme pour partager avec vous quelques trouvailles intéressantes de ce beau pays.


Une flore particulière
Nous avons l'agréable surprise de découvrir un tapis de jolies orchidées, des orchidées sureau (dactylorhiza sambucina). Ces orchidées on la particularité de se décliner dans les tons de jaune pâle, à rose pimpant.



Orchidée sureau jaune pâle - Dactylorhiza sambucina

 

Orchidée sureau rose - Dactylorhiza sambucina





Gentiane acaule - Gentiana acaulis




Des gentianes acaules (gentiana acaulis) étaient également présentes, elles font vibrer la prairie de leur bleu intense.










Polygale commune - Polygala vulgaris





Les petites polygales communes (polygala vulgaris) régalent aussi les yeux, et surprennent par leur goût de médicament caractéristique du salicylate de méthyle.







Des Yamadoris ou bonsaïs naturels 
Sur ce plateau très exposé aux vents et aux rigueurs climatiques de montagne, les pins et les genévriers mènent un combat quotidien pour se développer.
Il poussent donc en prenant des formes très particulières, semblables aux bonsaïs naturels ou Yamadori japonais .
 
Pin - Pinus sp. -
style literati battu par le vent

Pin - Pinus sp. - style battu par le vent


Pin - Pinus sp.

Pin - Pinus sp. - style battu par le vent

Genévrier - Juniperus communis - style battu par le vent

Des paysages accidentés au coucher de soleil 

Le climat, le type de roche modèlent le paysage qui prend souvent des formes aiguisées.



 





lundi 20 mai 2013

Réalisation d'une kuksa, tasse en bois finlandaise 2/2


 

 Un bon conseil.

Un point important qu’un ami tourneur (voir Bernard de l’article sur le salon de  Tassenières) m’a transmis, toujours garder les copeaux et entre deux sessions de travail, placer la pièce au milieu de ses copeaux afin que l’ensemble du bois sèche d’une manière plus homogène. Il garde aussi un peu son « âme » si je puis dire, le temps de son façonnage.


Ici un pendule réalisé par Bernard,
finissant de sécher avec ses copeaux dans une kuksa

J’avais déjà observé cela chez certains professionnels, sans savoir vraiment pourquoi, à l’époque je pensais que les copeaux servaient d’emballages originaux pour les envois en colis.

Les finitions.

Le travail de dégrossissement fini, vous pouvez vous lancer dans le long chemin de la finition, qui demande un peu de patience car c’est un travail de longue haleine très répétitif.
Pour éviter d’être trop ennuyeux, je vous conseille d’alterner divers point de finition, comme l’intérieur et l’extérieur de la tasse, passez un peu de temps pour la confection du trou de dragonne et celui pour le passage d’un doigt ou plusieurs.



Utilisation d'une baguette alimentaire et de papier de verre enroulé
pour poncer les parties difficiles.


 Voici quelques modèles pour vous donner des idées de réalisations :  


Kuksa traditionnelle à droite, réalisation personnelle à gauche.


Pour la finition, les croches et couteaux Mora cités dans l’article « Réalisation d’une Kuksa ½ » sont vraiment très pratiques, mais pas indispensables, une bonne gouge bien affûtée pour l’intérieur, et avec un peu de dextérité, on arrive à réduire considérablement le ponçage au papier de verre. 




Gouge et marteau de carleur.

 Et pour la partie extérieure, une ou plusieurs limes à bois peuvent aider grandement si l’on n’a pas d’outil adapté pour sculpter finement le bois, tel que le Mora 106.








Pour le papier de verre j’utilise par ordre croissant du 40, 80, 120 et 150. Avec quelques soirées bien occupées !








Dos de cuillère en frêne où les fibres ressortent.
Une fois que vous aurez obtenu une Kuksa d’un aspect satisfaisant, vous pouvez passer très légèrement un chiffon humide (ou avec votre main humidifiée) sur l’ensemble de la surface interne et externe. Laissez sécher un peu la tasse et vous remarquerez que les fibres ont réagi et ressortent. D’un aspect impeccable on obtient une surface plus rugueuse, que l’on peut encore et encore affiner avec le ponçage. Renouvelez l’opération jusqu’à ce que la surface de la Kuksa corresponde à vos attentes.






L'intérieur de la cuillère en frêne.



Kuksa et deux cuillères, en frêne et bouleau.
L’une des dernières étapes consiste à faire bouillir la tasse dans une casserole d’eau salée (type gros sel). Je sale assez peu, pour vous donner une proportion, je remplis simplement la Kuksa de sel et la casserole est juste à la bonne taille pour que la tasse y nage sans être coincée.

Notez que cette action peut aussi se dérouler après avoir dégrossi votre pièce de bois, et donc avant les finitions.




Laissez bouillir 30 à 45 minutes en ayant intégré la Kuksa dès l’allumage du feu.
Cette opération a pour but de faire ressortir le tanin du bois, de resserrer les fibres et enfin de limiter un séchage trop rapide lors des utilisations qui causerait un éclatement du bois. En effet, le sel imprégnant les fibres du bois retient l’humidité d’une façon plus homogène sur les parties plus fines.






Kuksa et cuillère juste après le traitement par ébullition.


















Laissez sécher la tasse plusieurs jours dans une pièce à température constante et bien aérée.

Certains professionnels les laissent sécher 6 semaines voire plus. Personnellement, quand, à l’aspect et au toucher le bois me semble suffisamment sec, je la huile.
Notez que par convention, le temps de séchage du bois est d'1mm par mois et par face.


Huile de tung ou abrasin.
Pour la huiler, prévoyez un espace où vous pourrez la déposer sans risque de tâcher avec l’huile, et où elle peut être ainsi stockée sans problème (par exemple le haut d’une armoire). L’opération peut durer quelques jours.
Utilisez un chiffon en coton doux non pelucheux, et imbibez le légèrement d’huile de tung appelé aussi huile d’abrasin.

L'huile d'abrasin (ou huile de tung Aleurites moluccana) est une huile issue d’une sorte de noyer que l’on trouve dans les îles du pacifique, c’est une huile de très grande qualité, utilisée en ébénisterie et notamment pour les plans de travail de cuisine et objets en bois culinaires.
Passez uniformément toute la tasse en faisant attention de ne pas saturer le bois. Laissez bien l'huile s’imprégner dans les fibres et laissez sécher légèrement avant de repasser une légère couche. Répéter l’opération 1, 2 ou 3 fois.
Laissez bien sécher l’huile et passez un chiffon doux non pelucheux et sec ou un papier absorbant pour enlever l’huile de trop en surface.
Pour l’entretien de votre Kuksa vous pouvez la huiler une fois par an.
Il est déconseillé d’utiliser d’autres types d’huile qui pourraient soit rancir, ou être légèrement toxiques.
Pour information, il n'est pas indispensable de huiler votre tasse, si elle a bien été bouillie au gros sel. Cette action garantit simplement une meilleure protection du bois



Dragonne en para corde camo désert.
Enfin, confectionnez et disposez la dragonne, si le modèle choisi en comporte une. La dragonne est traditionnellement confectionnée en cuir de renne. Mais libre à vous d’utiliser ce qu’il vous plaît, ici une dragonne en para corde camo désert.




Voilà, votre Kuksa est prête à être utilisée.

Traditionnellement, en Laponie, pour « baptiser » une Kuksa achevée, on verse un peu d’alcool fin le "jibolin" qui n’est autre que du cognac, tournez la Kuksa dans le sens inverse des aiguilles d’une montre afin de recouvrir l’intérieur de la tasse d’une fine couche de "jibolin". Puis, après avoir bu cette première gorgée, répétez l’opération mais cette fois si en tournant dans le sens des aiguilles d’une montre.
Les premières utilisations de votre kuksa peuvent s’avérer particulières à votre palet, en effet le sel utilisé lors de l’ébullition imprègne les premiers temps vos boissons, thé, café, chocolat…"jibolin" HIPS !
Mais rassurez-vous, ceci est signe de vous porter chance.
Par contre, ne lavez pas vos kuksas, d’après les croyances, cela annihilerait leurs capacités porte bonheur. Traditionnellement rincez simplement votre tasse dans l’eau limpide d’un torrent.
Plus concrètement, n’utilisez pas de lave-vaisselle, ni de produit vaisselle ou autre, mais rincez la juste à l’eau et essuyez là avec un chiffon.

Bonnes réalisations !




samedi 11 mai 2013

La plante du moment: Le salsifis des prés

Une plante à première vue ordinaire



Salsifis des prés
- Tragopogon pratensis
en journée 
Vous trouverez le salsifis des prés (Tragopogon pratensis), comme son nom l’indique, dans les prairies bien exposées et sur les bords de rivières.
Il fait partie de la famille des astéracées, comme l’un de ses cousins le pissenlit.
Il est assez difficile de voir le salsifis fleuri car l’inflorescence, un capitule doré se referme dans la matinée pour ne se rouvrir qu’à l’aube suivante.
Lorsqu’il est défleuri, on peut facilement le reconnaître car il forme une grosse boule soyeuse comme les pissenlits.
Il se reproduit donc très facilement dans les prairies, et c’est une bonne chose, car il est succulent.




Salsifis des prés-Tragopogon pratensis


Fruits de salsifis des prés

On peut rencontrer l’une autre espèce de salsifis dans le midi et dans l’ouest, mais son capitule sera violet, il s’agit du salsifis à feuilles de poireau (Tragopogon porrifolius). Il est tout aussi comestible.


Salsifis à feuilles de poireau
- Tragopogon porrifolius


Un goût agréable et subtil

Comme vous l’avez compris, il est très facile de trouver des salsifis des prés, et les parties les plus agréables à manger sont les boutons floraux. Cueillez-les lorsqu’ils sont bien refermés. Au contraire du pissenlit, le salsifis ne produit pas un unique capitule, mais se ramifie pour en produire plusieurs. Prenez garde, toutefois de ne pas prendre tous les boutons floraux d’une même plante, histoire de la laisser se reproduire, et d’en retrouver l’année suivante.


Bouton floral de salsifis des prés


Il vous suffit de faire cuire ces boutons floraux environ 5 minutes à la vapeur, et de les déguster seuls ou avec un peu d’huile d’olive, du sel et du citron.
Le goût rappelle celui des salsifis cultivés, mais en beaucoup plus subtil, un peu sucré.
Il est bien entendu possible de manger les racines qui sont semblables au salsifis cultivé, mais la cueillette se fera à partir de l’automne jusqu’au printemps suivant. Elles seront cuisinés comme les salsifis cultivés.